Depuis Montaigu, le fabricant de pétrins et mélangeurs pour la boulangerie-pâtisserie (l'essentiel de son activité), mais aussi la cosmétique et la pharmacie, exporte un peu partout dans le monde. Pour renforcer sa position, l'entreprise de 210 salariés a décidé d'accentuer ses efforts en termes d'innovation.
Elle vient ainsi de muscler son équipe R&D, en créant un laboratoire commun avec le centre de recherche Gepea (Génie des procédés, environnement et agroalimentaire), baptisé « Mixi-Lab ». L'entreprise vendéenne espère « mieux comprendre et expliquer de manière scientifique ce qui se passe dans une machine », résume José Cheio De Oliveira, responsable R&D chez VMI. Avant on disait au client : pour tel produit, vous avez telle machine. Demain, on aimerait affiner pour pouvoir expliquer ce qui fait qu'avec une machine donnée, j'obtiens un bon mélange tel jour ou un mélange encore meilleur le lendemain, comment j'arrive à produire une mie de pain plus fine, etc. »
Accéder à des outils de mesure coûteux
Un ingénieur aura notamment pour mission d'intégrer une batterie de capteurs pour analyser chaque phénomène intervenant lors du pétrissage. Et c'est notamment là que réside l'intérêt du partenariat : VMI aura accès à une série d'outils de mesure pointus et coûteux, comme des appareils de granulométrie ou un appareil de tomographie à rayon X.
«Voyager à l'intérieur du pain»
« Cet outil offrira une image 3D d'un morceau de mie, comme si on la passait dans un scanner, pour nous donner la possibilité de faire une balade à l'intérieur du pain, en quelque sorte », vulgarise José Cheio De Oliveira. Derrière, les Vendéens comptent améliorer à la fois le conseil au client et la conception de leurs pétrins.
Budget d'environ 600.000 euros
Humainement parlant, l'équipe de R & D de VMI (7 personnes) se renforcera aussi avec un ou deux thésards, un CDD, voire des stagiaires. Question moyens, le laboratoire fonctionne sur « un budget d'environ 600.000 euros dont environ la moitié de subvention de l'agence nationale de la recherche (ANR) ».
Originale, cette plate-forme fait partie des « LabCom », label attribué par l'ANR après appel d'offres, et destiné à soutenir des partenariats entre recherche publique et les PME et ETI de l'industrie notamment. « La démarche reste assez atypique, car on pense souvent que cette forme de recherche se cantonne aux grands groupes, les PME ont l'impression de ne pas pouvoir communiquer avec les laboratoires publics », commente José Cheio De Oliveira.
« Pour l'industriel qui court après le temps pour faire de la recherche c'est un atout. De l'autre côté, le centre de recherches peut travailler sur des applications plus opérationnelles. » En outre, le programme Mixi-Lab a été labellisé par le pôle de compétitivité Valorial et Céréales Vallée. Il doit durer trois ans.