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Vendée : Les premiers plans du parc éolien offshore validés
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Vendée : Les premiers plans du parc éolien offshore validés

Une première étape a été franchie pour le futur parc éolien offshore, prévu au large des côtes vendéennes : la phase de levée des risques vient de s'achever. Les premiers plans ont été arrêtés. Prochaine étape, les demandes d’autorisations environnementales doivent parvenir aux services de l'Etat d'ici début 2017, pour espérer une mise en service du parc à partir de 2021.


« Désormais, il n'y aura pas de désengagement de notre part sans pénalités associées », précise Lucile Forget, responsable du développement local, pour le consortium qui pilote le projet de parc éolien en mer, prévu au large des îles d'Yeu et de Noirmoutier.

Alors que vient de s'achever « la phase de levée des risques », soit deux ans d'études entre 2014 et 2016, le consortium a livré à l'Etat les grandes lignes de l'architecture du futur site. Et surtout confirmé les prévisions techniques et économiques. Autrement dit, c'est bien faisable et rentable.

« Les données récupérées ces deux dernières années confirment que les niveaux de vent, de houle ou encore le volume de production et le prix de revente anticipés s'avèrent conformes aux hypothèses de départ, telles que formulées lors de l'appel d'offres», vulgarise Lucile Forget. Le prix, notamment, n'a donc pas évolué par rapport aux études préliminaires. Une confirmation importante, sachant que le consortium avait eu, en tout et pour tout, six mois pour répondre à l'appel d'offres qui l'a vu retenu par l'Etat.

Récemment dévoilés, les premiers plans indiquent l'emplacement et l'agencement des éoliennes, précisément en rangées espacées de 1.640 mètres, avec environ 1.000 m de séparation entre chaque éolienne d'une même ligne. Contrairement à l'idée initiale qui prévoyait plutôt une organisation en quinconce.

Une évolution causée à la fois par des critères esthétiques, pratiques et de sécurité. Le nouvel alignement offrira ainsi « une meilleure lisibilité » du parc pour les habitants et touristes depuis la côte, mais aussi pour les pêcheurs, qui verront mieux les couloirs au sein desquels ils devraient pouvoir travailler, sans avoir à slalomer. L'autorisation de la pêche à l'intérieur du parc devra toutefois encore être acceptée par les autorités (en l'occurrence la préfecture maritime).

L'équivalent de la consommation de 750.000 personnes

Ce parc de 82,5 km² devra accueillir 62 éoliennes de 8 MW pour un total de 496 MW de puissance installé, soit un demi réacteur nucléaire... Dont la production électrique équivaudra à la consommation de 750.000 personnes. Un projet à 2 milliards d'euros.

Pour rappel, le projet est porté par la société Éoliennes en Mer Îles d’Yeu et de Noirmoutier, qui a pour actionnaires Engie (47%), EDP Renewables (43 %) et le groupe Caisse des Dépôts (10 %).
Adwen est son partenaire industriel, en charge de la fabrication des éoliennes.



Des forages jusqu'à 40 mètres
« Dès l'été 2014, une nouvelle campagne géophysique a permis d'obtenir une topographie des fonds, avec ses creux, ses bosses etc., mais aussi la nature de ses sols... explique Lucile Forget. Sept forages ont ainsi été conduits, jusqu'à 40 mètres de profondeur, notamment pour mesurer la dureté des sols, savoir s'il s'agissait de sols calcaires, granitiques ou autres, si la roche était dégradée ou pas... Indispensable pour faire le choix des fondations et déterminer leurs dimensions »



Prochaine étape : l'étude d'impact environnementale
Prochaine étape, la remise d'une étude d'impact environnemental (notamment sur les répercutions sur la faune), destinée à l'Etat début 2017, afin d'obtenir des autorisations d'occupation du domaine maritime et se conformer à la loi sur l'eau.

A ce propos, un protocole d'études a été élaboré et soumis à validation des services de l'Etat et de nombreux acteurs de l'Ifremer aux associations comme la LPO ou Vendée Nature environnement. L'étude d'impact qui sera transmise à l'Etat suit ce protocole.



Long parcours avant l'ouverture en 2021
Le chemin à parcourir avant la mise en service progressive, attendue entre 2021 et 2023 (pour une exploitation jusqu'en 2041), reste encore long.

Cette seconde phase dite « d’études approfondies » comprend non seulement le dépôt des demandes d’autorisations environnementales, mais aussi une enquête publique, devant avoir lieu sur l'été 2017, afin de prendre également en considération l'avis de la population touristique. Alors, seulement, le projet aboutira à « la décision finale d’investissement », prévue fin 2018 pour une construction du parc à partir de 2019.



Une dizaine de PME vendéennes déjà sollicitées

D'ores et déjà les entreprises locales se positionnent dans les starting-blocks. « Une dizaine d'entreprises vendéennes ont déjà été sollicitées lors des études », assure Lucile Forget. La PME Atlantique Scaphandre et l'électricien ECCS ont ainsi aidé au transport d'équipes sur sites, à la récupération ou l'installation d'outils de mesure, AMP Visual TV a préparé les films de présentation pour le débat public. En Loire-Atlantique, la société Geophom a réalisé les photo-montages qui permettent de prévisualiser ce que sera le projet...



Premiers appels d'offres début 2017
Pour la suite, si des appels à manifestation d'intérêt ont déjà eu lieu, pour le premier appel d'offres plus industriel « il faudra attendre début 2017, avant des premières signatures de contrats pas avant mi-2018 », indique la responsable du développement.

Les demandes porteront sur les fondations, les mâts et autres équipements. STX pourrait bien se positionner sur les fondations jacket et les sous-stations électriques, par exemple. « En attendant, la consultation des entreprises n'est pas terminée. Il nous faudra accompagner les sous-traitant notamment vers les certifications et la formation, y compris en linguistique. Car il faudra parler anglais, un pré-requis indispensable si l'on veut se faire comprendre des grosses entreprises de travaux maritimes qui travaillent en rang 1 », commente Lucile Forget.


"125 emplois de maintenance"
Une fois le site mis en route, « 125 emplois » devraient ensuite être créés au titre de l'exploitation et de la maintenance du parc. Le consortium envisage une base reliée par fibre optique, pour piloter la télésurveillance, vérifier les niveaux d'électricité produite, ou de l'état des pièces.

Le local pourrait aussi abriter « des bateaux et de petites pièces comme des roulements, mais pas de gros éléments comme des pales ». Avec « pourquoi pas la création de deux bâtiments, sur Port Joinville et le Port de L'herbaudière, sur chacune des îles, même si rien n'est encore arrêté », confie Lucile Forget.

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