Créateur d’événements à succès, Philippe Maindron aura donc fini par en faire son métier ! On le connaissait comme le fondateur du Festival de Poupet à Saint-Malo du Bois (80.000 spectateurs par an), qui accueille des stars de la chanson (de Renaud à Stromae, Texas, Lenny Kravitz, Sting ou Bob Dylan).
On lui doit aussi en partie l’improbable course de «La Meule Bleue», qui prévoit d’emmener 1.000 chefs d’entreprises en mobylettes vintages et vêtus de caps sur les champs Elysées cette année.
Le Vendéen en créera demain beaucoup d’autres via sa société Maindon Production, basée à Tiffauges. Pas de limites, pour lui : il proposera toutes sortes d’animations dans les entreprises, les associations, les collectivités...
Après 16 ans à la direction de Maison Bleue
Début avril, Philippe Maindron a franchi le pas en quittant la direction de Maison Bleue, une PME de 100 salariés qui produit des murs préfabriqués. Plus de quinze ans après l’avoir reprise avec Philippe Guilloteau.
«Cela faisait longtemps que j’y pensais, confie l’intéressé, pour qui le tutoiement est de rigueur. Tu sais j’ai 55 ans, les choses étaient en place dans l’entreprise, j’aurais pu passer les cinq plus belles années de ma carrière. Mais j’ai décidé de partir tenter autre chose. Parce que la vie est trop courte et que je n’ai pas envie d’avoir de regrets.»
Qu’il s’agisse d’animer un anniversaire, un départ en retraite, des séminaires, un lancement de produit etc., tout est permis : prestations photo et vidéo, théâtre et pourquoi pas une comédie musicale...
« Raconter de belles histoires »
De toute façon, la recette Maindron réside ailleurs, dans le fond. « L’idée c’est pas de faire un film, qu’on regarde ensuite avec des petits fours et du champagne, ça suffit pas ! Il faut d’abord demander aux femmes et aux hommes de l’entreprise ce qu’ils ont envie de faire, ce qui les anime, que ça vienne d’eux, avec leurs tripes ! Pour que ce soit leur événement, et qu’ils se mettent en scène. »
Et pourquoi pas en reprenant le décor de l’entreprise comme chez Maison Bleue, où le Vendéen a parfois reçu un millier d’invités, des familles de salariés aux clients et fournisseurs pour des fêtes totalement loufoques, avec par exemple un gymkhana à mobylette (ancêtre de la Meule Bleue) ou des "Jeux Olympiques de nains de jardins" !
Son rêve ? « Raconter de belles histoires pour donner de l’émotion, créer du lien voire un peu d’amour, et comprendre qu’on a aussi de la chance d’être dans une entreprise, malgré tous les problèmes qu'on y rencontre, répond Philippe Maindron. Il faut savoir savourer ces moments-là. »
Des entrées partout
Pour réussir, il pourra s’appuyer sur un large réseau d’intermittents et autres talents, tissé au fil du temps. «Tu veux quelqu’un du showbizz , je peux l’avoir, un expert en pyrotechnie je l’ai, en vidéo, aussi, tu veux investir le Puy du Fou, le Vendéspace ou le Zénith de Nantes, pas de soucis, liste-t-il. J’ai des entrées un peu partout ».
« Je te rassure, j’ai pas fait d’étude de marché ! »
En démarrant aujourd’hui avec une salariée, Philippe Maindron ne se fixe pas d’objectif à atteindre. « J’espère qu’il y aura une clientèle, parce que je te rassure, je n’ai pas fait d’étude de marché, ni démarchage. J’ai fait tout ce qu’on m’a dit de ne pas faire! , sourit le chef d’entreprise. Tout part d’une intuition et d’une envie ».
Sérieux même s’il ne se prend jamais au sérieux, Philippe Maindron précise toutefois qu’il a ressenti un vrai besoin pour ce qu'il appelle parfois ses « conneries», notamment lors du grand prix de la Meule Bleue. « Quand tu vois à quel point un événement aussi improbable fédère ses participants, ça montre qu’il y a vraiment un manque pour ce genre d'événements !»