Vendée
Philippe Maindron, un patron à la douce folie
Portrait Vendée # Événementiel # Marketing-communication

Philippe Maindron, un patron à la douce folie

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Philippe Maindron est président du festival musical de Poupet, mais il est aussi le dirigeant de Maindron Production, une société d’événementiel qui propose aux entreprises des séminaires haut en couleur. Il vient de sortir un livre où, sur 500 pages d'un abécédaire hors norme, il raconte 63 ans de souvenirs ébouriffants, de folies, qui sont autant de ce que lui appelle des conneries.

Philippe Maindron — Photo : David Pouilloux

L’anecdote a dû être narrée mille et une fois, comme il y a mille et une nuits dans un conte célèbre. Mais elle recèle le parfum éternel d’un récit d’enfance qui dit beaucoup d’un homme épris de folie douce, quand le monde semble embrasé par la folie furieuse. Philippe Maindron est aussi un homme aux mille et un visages, tant il aime se déguiser, mais au cœur aussi unique qu’immense. L’anecdote, la voici : "J’étais un enfant turbulent, qui ne tenait pas en place. En classe de CM2, en 1972, dans l’école de La Verrie, la commune où je vivais alors, mon instituteur, Monsieur Demenier, me rappelait sans cesse à l’ordre et m’a lancé : Maindron, arrête tes conneries !"

Avec Yannick Noah, Bob Dylan et Johnny Hallyday

Cinquante ans plus tard, le petit vendéen n’a jamais arrêté les conneries, et cela pour le plus grand bonheur de ces milliers de personnes qui connaissent le festival musical de Poupet, dont il est le président, et l’inventeur, festival qui a vu Yannick Noah, Bob Dylan, Joe Cocker ou Johnny Hallyday attirer une foule aux anges. Mais Philippe Maindron a d’autres cordes à son arc-en-ciel de folies. Il est aussi le président d’une entreprise d’événementiel, Maindron Production, qui 12 à 15 fois par an vient chahuter les séminaires, les anniversaires, les conventions d’entreprise comme personne d’autre. "Les dirigeants et les salariés veulent rire, s’amuser. Je leur propose un moment dont ils se souviennent toute leur vie", dit celui qui a fondé cette société de 7 salariés, en 2015, à la Gaubretière (Vendée) et qui réalise aujourd'hui près de 2,5 millions d'euros de chiffres d'affaire.

Un livre, mille souvenirs de A à Z

Livre de Philippe Maindron, Maindron, arrête tes conneries ! — Photo : David Pouilloux

La sortie de son livre, intitulé "Maindron, arrête tes conneries ! Parcours d’un grand enfant de A à Z", était l’occasion rêvée de tirer le portrait d’un dirigeant de 63 ans capable d’enfiler une bouée en forme de flamant rose pour la photo. Deux ans de travail et 130 témoignages d'amis, de copains, de compagnons de folie. "J’ai écrit ce livre pendant et après le Covid, se souvient Philippe Maindron. J’avais des centaines de photos et des milliers de souvenirs extraordinaires. Je tenais à les rassembler, d’abord pour mes enfants et mes petits-enfants, leur laisser une trace. Laurent Charliot, mon ami des mots, m’a conseillé d’écrire un abécédaire pour organiser tout ça. Le mot konnerie est d’ailleurs à la lettre K." Il ajoute : "Dans mon esprit, la connerie n’est pas quelque chose de mal. C’est quelque chose qui fait rêver. C’est un moment de partage, bon enfant. Je suis animé par l'idée de donner du bonheur aux gens."

Missionnaire dans le cochon

Alors quand est-ce que tout a commencé ? Il faut produire un effort d’imagination et se projeter dans la Vendée la plus rurale qui soit. On voit une ferme, des vaches, des charolaises. "Nous étions quatre frères et trois sœurs à la ferme, se souvient le benjamin de la famille. J’ai fait des études de technicien agricole, et je pensais rester à la ferme. Mais deux de mes frères ont pris la suite, et un champ s’est ouvert devant moi." Son premier travail le fait bouger, de ferme en ferme, et du côté du porc. "J’étais un missionnaire du cochon, j’aidais les éleveurs à construire leur bâtiment. Je n’imaginais pas trente secondes intégrer le monde du spectacle."

"Le festival de Poupet a 37 ans aujourd’hui, et nous avons vendu 100 000 billets l’an passé pour des concerts programmés sur 12 à 15 jours. "

Le déclic survient en 1985. "Je tenais à m’intégrer à la vie du village où j’habitais désormais avec ma femme Christiane, à Saint-Mâlo-du-Bois." Nous sommes là au cœur du bocage Vendéen, sillonné par une rivière, la Sèvre Nantaise, à deux pas du Puy du Fou. "Mon idée était de passer du temps avec un grand-père du village, en fabriquant avec lui des paniers en osier. J’ai passé deux hivers entiers à fabriquer des paniers avec lui, pendant qu’il me racontait sa jeunesse et les histoires du village. Quelques années plus tard, je lance une idée folle : construire un moulin en paille à taille réelle." Sept mètres de haut et 40 personnes au travail pendant un an, et un premier événement : "La fête du moulin". 15 000 personnes au rendez-vous.

Dans la vallée de Poupet, tout à côté, paysage somptueux, naît en 1987 le festival de Poupet. Avec son acolyte, Jean-Marie Poirier, Philippe Maindron invite des artistes locaux, d’abord, puis nationaux. La popularité du festival s’envole, des stars internationales viennent se produire dans le théâtre de verdure construit en 2000. "Le festival de Poupet a 37 ans aujourd’hui, et nous avons vendu 100 000 billets l’an passé pour des concerts programmés sur 12 à 15 jours."

Championnat du monde de cheval à deux pattes

Philippe Maindron devant Eiffela, le bébé Tour Eiffel — Photo : David Pouilloux

La notoriété du festival de Poupet n’occulte en rien les autres faits d’armes déjantés de Philippe Maindron. La liste est aussi vaste que son livre de souvenirs est épais. "Si je devais en choisir ? Le grand prix de la Meule Bleue, bien sûr. Dans l’édition du Mans, en 2017, plus de 500 entrepreneurs et salariés ont participé à cet événement en mobylette, avec 15 000 personnes dans les gradins. Je mettrai aussi dans cette liste, le championnat du monde de cheval à deux pattes, organisé aux Herbiers et auquel ont participé Guillaume Canet ou le magicien humoriste de grande taille Eric Antoine. C’est une discipline officielle en Finlande, et les responsables de l'ambassade finlandaise ont trouvé ça génial que je m’en inspire pour créer une compétition parodique." Après un temps de réflexion, il ajoute un autre grand moment : "Le Las Vegas du bois, en 2011, pour le festival de Poupet. Nous avons installé un train en vapeur et 400 mètres de voie ferrée dans le village de Saint-Mâlo-du-Bois. Un sommet ! "

Une tour Eiffel de 32 mètres au coeur de la campagne vendéenne

Dans une autre vie, Philippe Maindron, a dirigé à partir du 1er avril 2000 et quitté en 2016, une PME de cent salariés, la Maison Bleue, après avoir été simple salarié dans cette entreprise dès 1990. Elle œuvre dans le préfabriqué en béton et s’est illustrée en concevant les arènes romaines du Puy du Fou. "Je garde de cette expérience qui a duré 26 ans l’idée que chaque personne, chaque poste, est important pour la réussite d’une entreprise."

Lorsque l’on rend visite à Philippe Maindron, à La Gaubretière, une tour de métal de 32 mètres s’élève, à côté d’une grande roue. "Eiffela est le bébé de la Tour Eiffel, explique celui que certains surnomment Phifou ou Zébulon. Lorsque j’ai eu cette idée, en 2015, je me suis demandé comment j’allais y arriver, mais après l’avoir construite ! " La maire de Paris, Anne Hidalgo, adoubera ce projet fou. Il conclut : "La plus belle et la plus incroyable histoire qu’il m’ait été donné de vivre."

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