Vendée : L'A831 enterrée, les déclarations fusent

Vendée : L'A831 enterrée, les déclarations fusent

Le projet d’autoroute A831 est définitivement enterré, c'est ce qu'a annoncé le député vendéen Hugues Fourage (PS) sur Twitter, le 3 juillet. Il s'agissait d'une portion de 64 km devant relier Fontenay-le-Comte en Vendée à Rochefort en Charente-Maritime. La déclaration d'utilité publique (DUP) qui arrive à son terme en juillet ( et dont l'extension était nécessaire à la poursuite du dossier) ne sera pas prorogée, explique le député.

"Le président Hollande s'est finalement prononcé contre la prorogation de la déclaration d'utilité publique, qui arrivait à échéance le 12 juillet prochain. Cette décision, je la déplore", a écrit Hugues Fourage dans un courrier, vendredi dernier.

"Les raisons de cette prise de position ne me sont pas connues politiquement" ajoute-t-il, rappelant que "l'Etat ne s'engageait pas financièrement pour ce tronçon d'autoroute". Avant de conclure sur Twitter : "L'arbitrage rendu penche du côté de Ségolène Royal".

La ministre de l'écologie, qui s'oppose au projet d'A831, avance en effet une proposition alternative : le contournement routier de la ville de Marans (Charente-Maritime).

"Hollande vient de poignarder le sud-Vendée dans le dos"

Les réactions ont immédiatement fusé sur le réseau social Twitter. Ex-président du conseil général de la Vendée, et candidat à la présidence de la Région Pays de la Loire, Bruno Retailleau (LR) évoque "un véritable scandale, un immense gâchis,un déni de démocratie".

"François Hollande vient de poignarder le sud-Vendée dans le dos", a-t-il lâché sur internet, en critiquant au passage "Manuel Valls, qui s'était engagé, par deux fois et par écrit à lancer le projet". Le sénateur vendéen demande aujourd'hui à Ségolène Royal 'des mesures de compensation pour aménager une 2x2 voies financée par l'Etat... "

Même souci de compensation du côté du vice-président du conseil régional, Christophe Clergeau (PS). Pour lui, il s'agit d'une "faute de François Hollande, qui doit réparation au Sud-Vendée et à ses habitants".

Aujourd'hui à la tête du Département de la Vendée, Yves Auvinet (droite), compte bientôt réunir les élus concernés : "Le gouvernement n'a pas fini de nous entendre, nous ne baisseront pas les bras pour le sud Vendée"

Dés élus PS et UMP soutenaient le projet

Dans les deux régions concernées, de nombreux élus de droite comme de gauche ainsi que des chefs d'entreprise soutenaient l'infrastructure. Parmi eux, le président du conseil régional Jacques Auxiette (PS), Bruno Retailleau (LR), Yves Auvinet (divers droite), Dominique Bussereau (LR), député et à la tête du département de Charente Maritime, ou encore le député et ancien maire de Fontenay Hugues Fourage (PS).

Des élus écologistes comme Jean-Philippe Magnen (EELV), vice président de la Région Pays de la Loire, s'opposaient, quant à eux, au projet. Ce dernier dénonçant des "compensations écologiques insuffisantes, des retombées économiques discutables et un coût exorbitant".

Depuis 20 ans, le dossier a été marqué par des annonces et de nombreuses impasses. Le projet avait été à nouveau relancé ces dernières années...Avant d'être encore une fois remis en cause au printemps 2014, date de l'arrivée de Ségolène Royal au ministère de l'Écologie.

« Je ne donnerai pas le feu vert pour que soit transmis aux entreprises le dossier de consultation technique », déclare-t-elle en juillet de la même année au journal Sud Ouest. Avant d'être en partie recadrée par Manuel Valls, qui a ajouté de nouvelles conditions, notamment le chiffrage de la proposition alternative de la ministre.

"Relancer l'autoroute ? On repart pour 10 ans.."

Dans un courrier du 27 février dernier, adressé à Hugues Fourage, le premier ministre semblait pourtant avoir levé les dernières ambiguïtés, estiment certains défenseurs de l'A831 . « J'ai donné des instructions pour (...) qu'un nouvel appel à candidatures soit lancé auprès des entreprises. Cette procédure permettra d'engager la consultation des entreprises ainsi que de connaître le coût de cette opération », avait écrit Manuel Valls. La décision de réaliser, ou non, l'A831 devait être prise par la suite. (voir notre récent dossier : www.lejournaldesentreprises.com/editions/44/actualite/fait-du-mois/autoroute-a831-les-raisons-d-un-blocage-a-la-francaise-01-05-2015-256815.php )

En début d'année, le premier ministre avait aussi annoncé qu'il allait demander la prorogation de la déclaration d'utilité publique (DUP), extension nécessaire à la poursuite du projet actuel. Le chef d'entreprise Laurent Piha expliquait récemment que : «Si la DUP n'était pas prorogée, il faudrait recommencer les études, et repartir pour dix ans de travail, si on veut relancer un projet d'autoroute...»