S’il est encore des grincheux et des sceptiques pour en affirmer le contraire, le changement climatique est une réalité. Et le secteur agricole peut en témoigner, lui qui en mesure chaque jour les effets. Aussi, le pôle de compétitivité international Vegepolys Valley, basé à Angers a-t-il piloté un important projet de recherche et d’expérimentation de quatre années sur le sujet. Objectif : mesurer les effets de ce changement en Bretagne et Pays de la Loire et proposer des pistes de solutions aux différentes filières de production végétale.
80 partenaires et 350 agriculteurs
"Plus vite on le prend en compte, plus on sera résilients." Pour Marie-Pierre Cassagnes, responsable de "l’unité de projets précompétitifs" de Vegepolys Valley, c’est dans cet esprit qu’a été mené ce projet de recherche et d’expérimentation cofinancé par les deux régions concernées et doté d’un budget de 5,4 millions d’euros.
Commencé en février 2021, il s’est achevé en ce début d’année. "L’originalité de ce projet, poursuit Marie-Pierre Cassagnes, c’est qu’il a engagé de nombreux acteurs, des instituts techniques, des agriculteurs, des organisations professionnelles, des fermes expérimentales ou encore des organismes de recherche. Nous avons avancé collectivement en croisant les regards des gens sur le terrain, ceux des spécialistes de la recherche, tout en travaillant en interfilières."
Des start-up ont également participé à ce projet de recherche, telles que les nantaises Weenat et Aquasys, spécialisées dans la gestion de l’eau. Au total, 80 partenaires ont été mobilisés, plus de 350 agriculteurs et acteurs économiques se sont engagés et 24 actions de recherche et d’expérimentation ont été menées pour faciliter la transition des systèmes agricoles, à la fois en grande culture et céréales et de fourrage, comme dans le végétal spécialisé, tel que l’arboriculture, le maraîchage, la production de semences ou la viticulture.
Vers de nouvelles cultures
Ce projet a été guidé par trois objectifs : Créer de la connaissance sur les climats de demain jusqu’à l’année 2100, et leurs impacts sur les cultures, expérimenter des solutions nouvelles en s’appuyant sur le végétal, la couverture du sol et l’utilisation des ressources en eau, et mettre à la disposition des agriculteurs des solutions pour accélérer leur transition.
"Le climat de Nice" demain en Bretagne et Pays de la Loire
Le constat est sans appel, l’actuelle température de la ville de Nice pourrait être dépassée en fin de siècle sur une grande partie des Pays de la Loire et de la Bretagne. "Cela aura évidemment un impact sur les cultures, explique Marie-Pierre Cassagnes. Il faudra probablement en envisager de nouvelles, recréer des filières, par exemple une production locale de soja pour moins en importer."
Changement des floraisons et adaptation de la viticulture
Parmi les conséquences de ce bouleversement climatique sur les cultures existantes, le projet de recherche s’est par exemple interrogé sur les changements en termes de date de floraison, de récolte, de calibre des fruits, ou d’adaptation des cépages concernant la viticulture.
Au terme de ce projet de quatre ans, des fiches pédagogiques par filière et par territoire, qui présentent les évolutions du climat et leurs impacts sur les productions ont été éditées. Un outil de diagnostic personnalisé, ClimAléas, qui permet de sensibiliser et diagnostiquer la vulnérabilité d’une exploitation selon son type de production, a également été élaboré.