La source Valecrin a failli se tarir. C'était sans compter l'intervention du bras armé de la communauté de commune, Matheysine Développement, propriétaire de l'usine. « Lorsque Valecrin a été mise en liquidation judiciaire, on a demandé un délai pour chercher un repreneur », résume Jean-Marc Laneyrie, président de Matheysine Développement. Sur trois dossiers à l'étude, c'est l'offre du groupe Ogeu (200 salariés ; 75 M€ de CA) qui a été retenue par le tribunal de commerce de Grenoble. La cession des actifs a eu lieu avant l'été. Moins connu que ses concurrents Nestlé, Danone ou Cristaline, il produit plus de 350 millions de litres par an. « Il s'agit d'un groupe familial, qui avait une politique de croissance externe en Bretagne, en région parisienne, dans le Var et le Massif central», explique M. Laneyrie.
L'image d'une eau de montagne
Début 2017, Ogeu a racheté la source Quezac à l'empire Nestlé. « Nous recherchions depuis longtemps une eau des Alpes. Valecrin était la seule eau de montagne de l'Isère », dévoile Christophe Labes, directeur marketing du groupe créé en 1820 à Ogeu-les-Bains (64). « Nous bénéficierons d'un positionnement commercial différent d'une eau générique comme Cristaline », se félicite Jean-Marc Laneyrie. L'idée ? Capitaliser sur l'image du Parc Naturel des Ecrins, en relançant la production d'ici la fin de l'été. « Ogeu prévoit de monter rapidement en volume car la source était passée de plusieurs millions de bouteilles produites par an à moins d'un million », explique le président de Matheysine Développement, qui affirme que des investissements sont prévus (montant : NC), à commencer par de nouveaux moules. « La chaîne de production, âgée de quinze ans, sera aussi à moderniser». Après avoir compté jusqu'à vingt salariés, les effectifs de la source étaient retombés à 6 salariés lors de la liquidation. Le repreneur compte commencer avec deux salariés, pour retrouver à terme « une dizaine d'emplois ».
Des perspectives à l'international
Si aucune cible de production n'a encore été communiquée, Matheysine Développement estime que « le débit de la source permet de satisfaire les objectifs commerciaux ». L'objectif du groupe Ogeu étant non seulement de toucher le marché local par le biais de la grande distribution, mais aussi l'export, avec sa signature Esprit des Alpes. Avec une cible : l'Asie, d'ici fin 2018. « Le fait d'être une marque française de montagne est un vrai atout sur le marché asiatique », estime Christophe Labes. Pour cela, le groupe a déjà procédé à la refonte des étiquettes et des moules, avec sa nouvelle identité visuelle pour la saison 2017-2018. Si pour l'instant, l'export ne représente que 7% de son CA, Ogeu pourra aussi s'appuyer sur sa filiale Aqualink, crée avec le groupe de transport maritime CMA-CGM fin 2016, pour assurer la commercialisation de l'ensemble de ses produits.