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Université de Caen : 49 millions d’euros vont être investis dans un nouveau bâtiment dédié à la physique nucléaire
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Université de Caen : 49 millions d’euros vont être investis dans un nouveau bâtiment dédié à la physique nucléaire

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La Normandie s’apprête à franchir une étape stratégique dans la structuration de sa filière nucléaire, avec la construction d’un nouveau bâtiment dédié à la physique nucléaire qui verra le jour d’ici 2031. 49 millions d’euros vont être investis dans le projet.

La filière nucléaire normande représente plus de 28 000 emplois, et plus de 200 entreprises (ici, Naval Group) — Photo : Jean-Claude MOSCHETTI/REA

La Normandie s’apprête à franchir une étape stratégique dans la structuration de sa filière nucléaire, en renforçant le lien entre formation, recherche et industrie. Ainsi, un nouveau bâtiment dédié à la physique nucléaire verra prochainement le jour, d’ici 2031 (première pierre fin 2028), sur le campus 2 de l’université de Caen Normandie, avec le soutien de la Région Normandie (22 M€), de l’Union européenne-FEDER (17 M€), de la Communauté urbaine de Caen-la-mer (7 M€) et du Département du Calvados (3 M€). Ce projet d’envergure, estimé à 49 millions d’euros, ambitionne de faire de la Normandie un pôle de référence européen dans le domaine du nucléaire civil, capable de répondre aux besoins croissants en compétences, innovation et expertise scientifique.

Former 750 étudiants par an

Aujourd’hui, 80 permanents, dont 17 enseignants-chercheurs, une quinzaine de doctorants, 30 à 40 stagiaires par an composent le laboratoire de physique corpusculaire. Le futur bâtiment dédié à la physique nucléaire constituera une infrastructure scientifique et pédagogique de nouvelle génération, conçue pour répondre aux besoins croissants de la filière nucléaire française et européenne. D’une surface totale de 9 060 m², il regroupera deux entités complémentaires : une halle technologique mutualisée, ouverte à la formation initiale, continue et à la collaboration avec les industriels ; de nouveaux locaux pour le Laboratoire de Physique Corpusculaire (LPC), unité de recherche de l’université de Caen Normandie associée au CNRS-IN2P3 et l’école d’ingénieurs ENSICAEN.

À terme, le site permettra de former chaque année environ 750 étudiants, du BUT au diplôme d’ingénieur, dans des domaines stratégiques comme la radioprotection, l’instrumentation, le génie énergétique, la simulation ou encore la sûreté nucléaire.


Le projet intègre également un volet formation continue, avec l’accueil de techniciens et d’ingénieurs en activité pour des modules qualifiants et professionnalisants, en lien avec les besoins des industriels. "Ce bâtiment sera un lieu d’innovation scientifique, en lien étroit avec les grandes infrastructures régionales comme le GANIL de Caen (Grand Accélérateur National d’Ions Lourds), et une porte d’entrée stratégique pour les collaborations européennes en physique nucléaire", ajoute Lamri Adoui, président de l’Université de Caen.

D’autres projets avec l’Europe

L’université de Caen Normandie est également impliquée dans plusieurs projets européens structurants, notamment Skills for Nuclear (S4N) et Nuclear Meets Regions. S4N est piloté par l’université Chalmers (Suisse), dont l’université de Caen Normandie assure le pilotage d’un Work Package dédié à l’émergence de nouveaux projets et financements européens pour développer des écosystèmes régionaux de compétences nucléaires jusqu’en 2030 et au-delà. Le second projet est une initiative du Joint Research Centre (JRC) de la Commission européenne, visant à créer des réseaux régionaux de compétences et à structurer des partenariats européens autour des enjeux de formation, de supply chain et d’innovation nucléaire.

La Normandie, parmi les premières régions nucléaires de France

La Région Normandie, qui finance près de la moitié du projet, est aujourd’hui l’une des premières régions nucléaires d’Europe, avec trois centrales EDF, l’usine Orano à La Hague, le site de Framatome à Rugles, le centre de stockage de l’ANDRA et le site Naval Group de Cherbourg. La filière nucléaire normande représente plus de 28 000 emplois, et plus de 200 entreprises.

Le projet normand répond à un enjeu national majeur : selon les projections de la filière, plus de 100 000 recrutements seront nécessaires d’ici 2034 dans le secteur nucléaire en France, tous niveaux confondus.

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