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Une 50e unité de méthanisation en injection s’installe en Normandie
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Une 50e unité de méthanisation en injection s’installe en Normandie

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GRDF a inauguré une nouvelle unité de méthanisation, à Mesnil-Rouxelin (Manche), le 19 juin 2024. L’énergie produite alimentera l’équivalent de la consommation de 500 à 1 800 logements dans les villes de Saint-Georges-Montcocq et Saint-Lô.

Alban Enée et sa compagne Joséphine ont choisi la méthanisation pour éliminer les déjections bovines et produire du biogaz — Photo : Ingrid Godard

Produire des énergies propres à partir de déchets, c’est le postulat d’Alban Enée, agriculteur au Mesnil-Rouxelin près de Saint-Lô. L’urbanisation proche de son exploitation a amené l’agriculteur à réfléchir à des solutions pour éliminer les déjections de ses 200 vaches laitières et leurs nuisances olfactives. C’est pourquoi il a investi 4 millions d’euros dans une unité de méthanisation agricole, en partenariat avec GRDF Normandie.

11 000 tonnes de déchets annuels valorisés

L’énergie produite (90 Nm3/h) alimentera l’équivalent de la consommation de 500 à 1 800 logements, en chauffage, eau et cuisson, dans les villes de Saint-Georges-Montcocq et Saint-Lô. "Cela évite l’émission de 1 500 tonnes équivalentes CO2 de gaz à effet de serre par an", précise GRDF qui vise 100 % de gaz vert dans la région d’ici à 2050. Les premiers mètres cubes de biométhane ont été injectés dans le réseau de GRDF en janvier dernier. Le contrat signé avec GRDF lui assure la vente de son biométhane sur 15 ans. L’unité permet de valoriser près 11 000 tonnes de déchets annuels dont plus de la moitié d’effluents d’élevage en gaz local et renouvelable. "Cette structure de méthanisation injecte directement du biogaz dans le réseau de gaz naturel, une méthode plus efficace que la cogénération qui est une turbine à gaz qui produit de l’électricité ou de la chaleur, généralement pour de l’autoconsommation ou de l’injection sur le réseau électrique", explique GRDF.

Moins d’engrais chimique

L’apport dans ce méthaniseur à injection est alimenté à 50 % par du lisier bovin, à 25 % du fumier bovin, à 20 % des apports de cultures intermédiaires comme des céréales immatures et à 5 % de cultures principales comme du maïs. La méthode consiste à les placer dans un digesteur pendant 70 à 90 jours, à 40°. Privée d’air, la matière organique est décomposée par des bactéries. Une réaction qui produit du biogaz, composé de méthane et de gaz carbonique. Le méthane est épuré pour obtenir les mêmes caractéristiques que le gaz naturel avant d’être injecté dans le réseau. La matière restante, le digestat, est stockée avant d’être épandue pour fertiliser les sols. "Ce qui permet de réduire de 50 % l’achat et la consommation d’engrais chimique de synthèse", d’après GRDF.

Saint-Lô # Agriculture # Elevage # Production et distribution d'énergie # Transition énergétique # Investissement