Un mois vu par Pascal Saint Geniest

Un mois vu par Pascal Saint Geniest

Bâtonnier de Toulouse depuis le 1erjanvier 2011 Parcours Né le 31 mars 1959 Prestation de serment d'avocat en 1980 puis secrétaire de la Conférence des avocats du barreau de Paris en 1984 Retour à Toulouse en 1986 Spécialiste en droit social, rejoint la société d'avocats Matheu, Rivière-Sacaze en 2008

L




e naufrage du Costa Concordia.

«L'image de ce bateau gigantesque échoué à quelques mètres du rivage a quelque chose d'incompréhensible. Cela réveille une série de mythes: la fragilité de ce que l'homme construit par rapport à l'univers, l'image du capitaine habituellement sacralisé qui vole en éclats. On dit d'ailleurs du commandant de bord du Costa Concordia, qu'il est l'homme le plus détesté d'Italie. Cela est choquant. Si j'en avais la possibilité, je le défendrais. Au nom de la présomption d'innocence, il ne faut pas condamner trop vite. Bien sûr, tout le monde est frappé par les images du navire mais il faut se forcer à douter. Les choses ne sont pas aussi simples que ce que l'on croit».




La perte du triple A.

«On a tendance à donner, encore une fois, une dimension peut-être trop excessive à cette notation, sûrement car cela rappelle des réflexes d'écoliers: c'est mal, au sens enfantin. À la place d'un 20, on obtient un 16 ou 17! On se flagelle alors que si l'on écoute les analystes, ce n'est pas aussi grave que ce que l'on imagine. Cette surréaction s'explique certainement par le contexte actuel de campagne présidentielle. Or, c'est le résultat d'une politique menée depuis une trentaine d'années. Il faut relativiser: le thermomètre général s'est rétrogradé comme dans beaucoup de pays. D'ailleurs, ce serait intéressant de voir comment les autres pays ont traité leur rétrogradation. Ont-ils le même sentiment de vexation que les Français?»




L'abolition de la peine de mort en Mongolie.

«L'approbation par le Parlement mongol d'un projet de loi visant à supprimer la peine de mort est passée quasiment inaperçue est pourtant c'est un fait crucial. Je veux y voir un signe d'espoir pour l'année 2012. J'appartiens à la génération d'avocats marqués par Robert Badinter. La justice humaine n'a pas le droit de condamner quelqu'un à mort. Je suis convaincu qu'un jour les États-Unis, dernier grand pays démocratique où la peine de mort est encore en vigueur, l'aboliront. Il n'y a aucune raison pour qu'ils n'aillent pas dans ce sens car le mouvement international va toujours vers plus d'États abolitionnistes».