La réalité économique doit primer. À l'heure où un nouveau président et un nouveau gouvernement entrent en action j'espère que la réalité économique et la raison vont primer sur l'idéologie politique, sinon nous irons collectivement dans le mur! Aujourd'hui je reste raisonnablement pessimiste comme bon nombre de chefs d'entreprises. Le débat selon moi est de deux ordres: sur la crise de la dette, il ne faut pas se mentir, nous mettrons 15 ans à en sortir à condition d'être rigoureux. L'autre question est comment créer les conditions d'une croissance à deux chiffres? À un chiffre, cela ne suffira pas à notre pays. Au niveau des PME de services, il y a par exemple trop de charges sur les personnels... qui aura le courage de s'attaquer à ce problème? Deux ministres rouennais. L'entrée au gouvernement de Laurent Fabius et Valérie Fourneyron est une chance pour Rouen, étant précisé que maintenant la nouvelle majorité a tous les pouvoirs en main pour faire avancer des dossiers tels que le contournement Est dont la non-réalisation est très pénalisante ou encore la LNPN qui doit changer la donne économique. J'observe que les entreprises de la Vatine les plus performantes sont à Paris et auHavre, et ce n'est pas un hasard. Temps politique et temps économique. Le temps économique est un temps réel. Nous en sommes loin au niveau du temps politique qui manque de réactivité. Je me bats par exemple depuis deux ans pour raccorder la zone de la Vatine au Très Haut Débit et depuis cinq ans pour des transports en commun adaptés. Je ne vois hélas rien bouger. Même constat à propos des transports en commun. Ils sont très adaptés au scolaire mais pas pensés pour le fonctionnement des zones d'activité. Pour aller de la gare de Rouen à la zone de la Vatine en bus, cela prend trente minutes. Les élus doivent prendre conscience qu'il y a une forte attente sur le plateau Nord et que si aucune solution n'est trouvée nous serons amenés à garder notre taxe transport et à nous organiser par nous-mêmes! À quand un Zuckerberg rouennais? Le développement de l'esprit d'entreprise
est fondamental. Nous avons besoin de Marc Zuckerberg ou de Steve Job français. Il ne faut pas décourager les futurs chefs d'entreprise. À la Vatine nous soutenons les jeunes créateurs de Rouen Business School et les encourageons par des conseils d'avocats ou d'experts comptables, par exemple. Les liens entre monde économique et monde de l'enseignement supérieur sont insuffisants en France et nous font perdre des points de croissance.
Président Club de la Vatine Parcours Né le 27mai 1967 à Dinan. Docteur en droit diplômé de l'Université de Rouen. Avocat au barreau de Rouen depuis 1993. Président du Club de la Vatine depuis juin2010.