C’est dans un message publié sur les réseaux sociaux que la directrice générale de la Maison Thiriet (CA : 800 M€ ; 3 000 salariés), Christiane Bertoncini, a choisi de dévoiler son intention de quitter le fabricant de surgelés, installé à Éloyes dans les Vosges. Formée à l’IAE de Lille et diplômée de l’ESCP Business School de Paris, Christiane Bertoncini a passé 15 ans dans la grande distribution, avant d’entrer comme directrice commerciale chez Thiriet en 2009. Elle occupera ce poste pendant 7 ans, avant d’accéder à la direction générale, en 2017.
"Mission accomplie" au sein de la Maison Thiriet
Dans son message, Christiane Bertoncini se dit "infiniment reconnaissante" envers toutes les personnes avec lesquelles elle a collaboré chez Thiriet, sans livrer les raisons de son départ. Estimant que sa mission au sein de l’enseigne est "pleinement accomplie", la directrice générale rappelle la "quête de modernité" lancée sous son impulsion, ainsi que les plans stratégiques exécutés sous sa direction, pour faire de Thiriet un "leader de l’innovation et de la créativité".
Bousculer la hiérarchie des vendeurs de surgelés en France
En septembre dernier, Christiane Bertoncini dévoilait les contours du plan stratégique "Rafale", qui doit voir l’enseigne multiplier les investissements, pour bousculer la hiérarchie des vendeurs de surgelés en France. Actuellement, dans un marché évalué à près de 7 milliards d’euros, le groupe Picard revendique 20 % de parts de marché, quand Thiriet en capte 10 %. Une situation qui ne pouvait pas satisfaire l’ambitieuse directrice générale, qui souhaitait accélérer très fort, quitte à bousculer la maison présidée par le très discret Claude Thiriet. "C’est la grande distribution qui détient 70 % du marché. Ce sont donc des non-spécialistes du surgelé qui en vendent le plus".
30 millions d’euros pour repenser la logistique
Première pièce du plan stratégique, un investissement de 30 millions d’euros qui doit permettre à la Maison Thiriet de restructurer la logistique de ses produits. Actuellement, le groupe s’appuie sur cinq plateformes réparties sur le territoire français, pour livrer les 180 magasins et alimenter les tournées de livraison à domicile. Dans le Grand Est, la Maison Thiriet exploite deux plateformes logistiques, à Éloyes, à proximité du siège, et à Rosières, dans l’Aube. "Nous allons déposer le permis de construire d’une nouvelle plateforme, qui sera basée entre Nancy et Épinal, sur la commune de Nomexy, dans les Vosges", dévoilait en septembre dernier Christiane Bertoncini.
Sur près de 18 000 m2, le groupe pourra y stocker 137 800 m3 de produits et 11 000 cartons seront préparés chaque jour pour les magasins ainsi que 74 000 unités de vente pour la livraison à domicile. "Cette nouvelle localisation va nous faire gagner jusqu’à un million d’euros par an sur les coûts de transport", se félicitait alors la directrice générale de Thiriet.
Vers un réseau de magasins plus dense
Réalisant 50 % de son chiffre d’affaires grâce à la livraison à domicile, auxquels s’ajoutent les 9 % de ventes réalisées sur internet, la Maison Thiriet veut aujourd’hui multiplier les points de contact avec ses clients, en densifiant son réseau de magasins : 15 ouvertures sont prévues chaque année jusqu’en 2026.