Vous dirigez depuis 1995 une PME familiale (97 salariés, 32 M€ de CA) spécialisée dans les champignons sylvestres transformés. Depuis deux ans, pour faire face à une croissance importante, vous avez souhaité vous former. Vers quelle formation vous êtes-vous tourné ?
J’ai suivi deux programmes d’accélérateur d’entreprise proposés par Bpifrance Université. Le premier en 2019, était un programme régional. Le second que j’ai intégré en 2024, est un accélérateur cette fois-ci sur la thématique de l’entreprise familiale. Nous sommes une vingtaine d’entreprises dans la promo. Le programme accélérateur coûte 60 000 euros, pour une période de deux ans. Soit 30 000 euros par an. C’est un investissement important.
En quoi consiste ce programme de formation ?
Le programme se déroule en deux séquences. Une partie formation collective avec des séminaires de deux jours par trimestre, pendant deux ans. On balaie toutes les thématiques de la finance, à l’export, en passant par les ressources humaines, le management, avec des intervenants extérieurs, et les autres dirigeants qui participent au programme.
"En tant que dirigeant, on a toujours la tête dans le guidon. Se former et se faire accompagner permet de voir les choses de manière différente"
L’autre volet du programme, c’est un intervenant extérieur qui vient dans l’entreprise une dizaine de fois. Le profil varie en fonction de la thématique que l’on souhaite travailler : la stratégie, la vente en ligne, l’intelligence artificielle… Cela permet de faire un diagnostic de l’entreprise à 360, en incluant les cadres de l’entreprise.
Qu’est-ce qui vous a amené à suivre une formation ?
Ces temps de formation sont précieux pour prendre de la hauteur. En tant que dirigeant, on a toujours la tête dans le guidon. Se former et se faire accompagner permet de voir les choses de manière différente, de mieux cerner ses forces et d’être challengé sur ses faiblesses.
Le manque de temps vous a-t-il freiné, comme la majorité de dirigeants qui veulent se former ?
Je considère que c’est une question de se donner les moyens ou pas. Sinon, on a le temps pour rien. On reste derrière son bureau et on ne bouge pas. Si je prends le temps de me former, c’est parce que je pense que ça va être bénéfique pour mon entreprise. Et pour moi, c’est intéressant, j’en ressors toujours avec nouvelles idées. Je me dis que faire un point tous les quatre ou cinq ans ne peut que faire du bien.
Quels effets avez-vous remarqués après votre formation ?
Après le premier accélérateur, notre entreprise a connu une croissance de 50 % en deux ans. L’accélérateur n’a pas tout fait, mais cela y a contribué. Notamment de se concentrer sur nos points faibles : les identifier et travailler dessus.
Sur quoi aviez-vous particulièrement besoin de vous former ?
En ce moment, l’enjeu principal de Maison Borde, c’est la structuration. Nous sommes en croissance, donc plus nombreux. J’ai également plusieurs collaborateurs proches de moi qui partent à la retraite. Nous avons besoin de mettre en place une nouvelle organisation interne.
L’accompagnement a permis de remettre à plat toute notre organisation. Nous avons par exemple mis en place un véritable département de R & D.
Toutes les entreprises devraient se challenger. Ce n’est pas simple pour autant. Le consultant appuie là où on n’est pas bon. Parfois, certains dirigeants ont peur d’être remis en question dans leur manière de diriger leur entreprise. Pour moi, il ne faut pas avoir peur. Se remettre en question, c’est ce qui fait que l’entreprise va pouvoir se développer dans de meilleures conditions.
En tant que dirigeant, quand j’arrive au bureau le matin, ça ne m’intéresse pas d’abord de savoir ce qui va bien dans mon entreprise. Je préfère qu’on m’aide à voir ce qui va mal pour l’améliorer.
Quelles formations existent pour vos salariés chez Maison Borde ?
Il y a un certain nombre de formations internes pour les salariés. Certains émettent des demandes pour des domaines personnels ou professionnels en entretien, nous y répondons favorablement. Les plus prisées concernent les formations sur l’hygiène au travail, les gestes de secourisme, les logiciels de gestion, les outils informatiques, les logiciels spécifiques à l’entreprise, ou encore les formations de langues étrangères.