Umih : «L'augmentation de la TVA nous mènerait à la catastrophe»
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Umih : «L'augmentation de la TVA nous mènerait à la catastrophe»

RESTAURATION Le syndicat des métiers de l'hôtellerie et du tourisme monte au créneau pour sauver sa TVA réduite. Sinon, des emplois pourraient être détruits.

«En augmentant la TVA de nouveau sur la restauration, le gouvernement risque de détruire 10.000 emplois en France, et 800 à 1.000 en Morbihan», calcule Jean-François Sérazin, président de l'Umih dans le Morbihan. «Entre la crise économique, la saison médiocre et les licenciements chez Doux, la profession est déjà très chahutée dans le département. Vous rajoutez l'augmentation de la TVA et on court à la catastrophe!»




Efforts sur les salaires

En réduisant la TVA à 7% il y a deux ans, le gouvernement a offert un bol d'air aux professionnels de la restauration, qui en échange se sont engagés à embaucher ou à augmenter les salaires. «Nous avons joué le jeu», assure Jean-François Sérazin qui avance des embauches à 1% au-dessus du Smic, une prime annuelle de 2% et une hausse des salaires moyenne de 5%. «C'est une augmentation de plus de 200euros par mois sur les salaires», précise-t-il. «Déjà que l'exonération des heures supplémentaires a été arrêtée, cela risque de peser sur les bulletins de paye.» Mais dans un contexte général de déficit public, l'Umih sait qu'une augmentation de la TVA pourrait renflouer les caisses de l'État. Seulement, cela se ferait au prix d'emplois dans une filière trop souvent négligée, celle du tourisme.




Des prix gelés

L'Umih admet que les restaurateurs ont fait un gros effort concernant leurs prix. «Nous n'avons quasiment pas augmenté les prix depuis deux ans, malgré l'augmentation générale des coûts. La viande a pris 20%! Au vu de la conjoncture, les consommateurs ont déjà le pied sur le frein en terme de consommation», observe Jean-François Sérazin. D'autant que cette année ne restera pas dans les annales pour les professionnels. «Depuis plus de 20 ans, nous n'avons pas le souvenir d'avoir subi autant de dépressions», remarque le président de l'Umih. Voilà pour le côté météo. «Et d'avoir jamais vécu une telle crise de pouvoir d'achat». Voilà pour le côté pragmatique. «Dire que cette mesure coûte 2,5milliards d'euros à l'État est faux. La TVA à taux réduit dans la restauration est un investissement productif», explique Jean-François Sérazin. «La baisse de la TVA n'est pas une niche fiscale, c'est une équité fiscale par rapport aux achats», conclut-il.

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