Supprimer deux jours fériés : une "catastrophe" pour l’U2P
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Supprimer deux jours fériés : une "catastrophe" pour l’U2P

Supprimer deux jours fériés pour faire des économies ? Une "mauvaise décision" pour Michel Picon, président de l’U2P, qui a exprimé ce lundi 18 août son désaccord avec la proposition du gouvernement. Pour le Medef et la CPME cependant, la mesure fait moins débat.

Michel Picon, président de l'U2P — Photo : Philippe Chagnon / Cocktail

Faire travailler les salariés le lundi de Pâques et le 8 mai serait une "mauvaise décision", voire une "catastrophe", estime Michel Picon, président de l’U2P. Un avis que ne partagent pas les autres syndicats patronaux, estimant au contraire que la proposition va dans le bon sens.

Une "catastrophe" pour l’hôtellerie et la restauration

La proposition budgétaire de François Bayrou de supprimer deux jours fériés afin de réaliser des économies est loin de faire l’unanimité. Interrogé ce lundi 18 août sur RMC, le porte-parole de l’U2P a critiqué la mise en œuvre d’une telle mesure. "Cela nous paraît être une mauvaise décision", a déclaré Michel Picon. Ce dernier prédit même une "catastrophe" pour les secteurs du tourisme, de la restauration et de l’hôtellerie.

Les activités de service pâtiraient d’un manque de clients

Le problème selon lui : la production déjà faible de la France, qui compte désormais une majorité d’entreprises de services. "Vous pouvez ouvrir votre salon de coiffeur le lundi de Pâques, mais si personne ne vient, vous n’avez pas de chiffres d’affaires en plus", explique Michel Picon. La suppression de deux jours fériés n’aurait selon lui aucune contrepartie pour les entreprises.

"La France a besoin d’augmenter sa quantité de travail"

Tous les syndicats patronaux ne partagent cependant pas la vision de l’U2P. Interrogé par BMF TV, le porte-parole du Medef se montre favorable à la suppression de deux jours fériés. Charles Znaty considère en effet qu’il s’agit d'"une manière de ramener de l’argent dans les caisses de l’État". Une mesure cohérente car "la France a besoin d’augmenter sa quantité de travail globale, ne serait-ce que pour se mettre au niveau des autres pays", explique le porte-parole du Medef. Une proposition bénéfique, à condition que l’argent dégagé serve à réformer l’État et mette fin "à la dérive des dépenses de l’État".

La CPME invite à rééquilibrer le temps de travail

Un avis partagé sur TF1 par Bernard Cohen-Hadad, président de la CPME Île-de-France, qui considère qu’il s’agit d’un "enjeu de finances publiques". Le porte-parole du syndicat patronal reconnaît cependant la difficulté à venir travailler sans être payé. Il amène à repenser de façon globale l’organisation du temps de travail, afin de rééquilibrer certaines périodes comme le mois de mai, un mois "gruyère" avec de nombreux ponts.

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