Après 6 ans à l'Appim, vous venez de prendre les rênes de l'UIMM 06 avec un programme qui entend mettre les adhérents au centre du jeu...
Je souhaite en effet que l'UIMM 06 soit le syndicat des adhérents d'aujourd'hui, et non celui des adhérents d'hier, ni celui des adhérents d'ailleurs. Cela suppose d'être en phase avec les challenges qui sont les nôtres et de proposer des actions propres au territoire afin de donner aux membres une raison d'être syndiqué. Un syndicat n'est pertinent que si ses adhérents s'y retrouvent et s'y investissent. D'où la priorité donnée aux informations issues de la base que quatre groupes d'influence devront faire remonter sur les thématiques du Social, de l'Emploi et de la Formation, et du Financement, les trois grands axes de l'UIMM auxquels j'ai ajouté celui du Développement, un groupe de travail transverse qui s'assurera que les actions du syndicat cadrent bien avec ce qu'attendent les gens, la société, nos entreprises, afin d'être le plus possible dans le vrai.
Quid de la jeune génération ?
Elle est essentielle. Je ne conçois pas ces groupes d'influence sans la présence dans chacun d'eux d'au moins deux chefs d'entreprise de la génération X ou Y. Si l'expérience des anciens constitue un socle fondamental, l'expression des trentenaires, leur vision du XXIe siècle et les débats, voire controverses, qui peuvent en découler me semblent tout autant indispensables. On voit bien que beaucoup de nos entreprises souffrent de ne pas avoir su se remettre en cause tant sur le plan technique que social. On parle RSE, économie de la fonctionnalité, économie collaborative, mais à part quelques pionniers comme Areco, il n'y en a pas légion.
Comment comptez-vous influer ?
En ouvrant nos portes à la presse et aux politiques afin que l'on puisse suivre nos travaux au fil de l'eau. Je souhaite créer un lien plus poussé avec nos élus, pas pour faire copain-copain mais pour construire ensemble. Chaque fois qu'une loi est lancée d'une manière un peu « dictatoriale », elle n'aboutit pas ou, comme c'est le cas avec la loi El Khomri, elle n'a plus rien à voir avec l'idée de départ. Sans parler du bordel innommable qu'elle a engendré.
Et la régionalisation ?
J'entends revenir à la table des négociations. Ceux qui disent que l'on restera azuréen se trompent, il faut que notre syndicat se régionalise pour accoucher d'un UIMM PACA fort, ne serait-ce que pour maintenir l'acquis qui nous positionne quand même comme la 3e région industrielle de France. Alors oui, il faudra certainement faire fi des approches politiques, passer au-dessus des clivages Marseille-Nice. C'est possible si l'expression vient de la base, forte de propositions et non de protestations. Je lance le pari.