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Ty Télé : Chaîne en sursis
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Ty Télé : Chaîne en sursis

Télévision Placée en redressement judiciaire fin octobre, Ty Télé a six mois pour prouver sa viabilité. 450.000 euros de dettes plombent ses comptes.

Quand elle a été recrutée pour diriger les programmes de Ty Télé et manager une équipe de huit personnes, Anne Mulligan ne s'attendait pas à ce couperet. Propulsée directrice générale, au départ de Marc Potel en janvier dernier, elle s'est retrouvée avec une montagne de factures impayées à la rentrée. Soit 450.000euros de dettes.




Une ardoise de 387.000euros à TVR

Créancier principal, TVR réalise quelques prestations pour le compte de Ty Télé depuis son lancement en mai2009. Notamment la gestion technique de sa playlist, la comptabilité (15.000euros par an) et surtout la diffusion technique des programmes. Une facture annuelle de 33.000euros à régler à TVR «pour participer au financement de l'outil», explique Dominique Hannedouche, directeur général de TVR. Outil qui a nécessité un investissement de départ de 300.000euros, et qui constituait, selon Dominique Hannedouche, une décision stratégique de Jean-Luc Nelle, alors patron de TVR et président de Ty Télé. Surdimensionné, le robot devrait accueillir jusqu'à cinq chaînes locales, ce qui réduirait les coûts. Or, seules TVR et Ty Télé sont utilisatrices. «Si nous traitions la diffusion en interne, cette dépense serait divisée par trois», assure Anne Mulligan, qui espérait justement en août dernier créer son propre centre de diffusion technique à Lorient. Aujourd'hui, l'ardoise envers TVR s'élève à 387.000euros. Une ardoise difficile à effacer tant que Ty Télé sera sous-capitalisée. Après la défection de la chaîne Demain, actionnaire principal liquidé en 2010, c'est la Caisse d'Épargne qui a annoncé son retrait. «Une seconde augmentation de capital était prévue avec l'arrivée d'un nouvel actionnaire», précise Anne Mulligan. L'annonce du redressement judiciaire a mis fin aux négociations.




Faire rentrer la publicité

Concentrée sur l'éditorial depuis un an, Anne Mulligan reste convaincue que Ty Télé a fait sa place sur le territoire «avec des émissions identifiables, qui nous permettent d'aller chercher des partenaires et des annonceurs». Fin août, on apprend que le succès est au rendez-vous. L'enquête Médiamétrie annonce 204.000 téléspectateurs par mois. Pour autant, les rentrées publicitaires ne se bousculent pas. Une commerciale fraîchement débarquée doit y remédier. «Un premier contrat vient d'être signé!», se réjouit la directrice générale. 215.000euros de recettes publicitaires locales ont été budgétisées pour le prochain exercice. Afin de permettre d'équilibrer un budget global d'1,1million d'euros.




Convaincre les institutionnels

Dans la colonne des recettes, Ty Télé attend également 607.000euros de contrats d'objectifs et de moyens qu'Anne Mulligan s'apprête à renouveler avec les collectivités locales. Le conseil général du Morbihan a d'ores et déjà annoncé qu'il poursuivrait ses engagements (250.000euros). Reste à convaincre Cap l'Orient (200.000euros) et la communauté de communes de Pontivy (10.000euros) de continuer. Et surtout à séduire d'autres collectivités. Comme le Pays d'Auray, où le chef de file de l'opposition, Yves Bienvenu, a proposé que soit voté un soutien ou la ville de Vannes, avec laquelle Ty Télé est actuellement en négociation. Pourtant, à l'heure où les collectivités doivent faire preuve de rigueur, de tels appuis restent hypothétiques. À moins qu'un investisseur privé, notamment lorientais, ne s'y intéresse déjà de près...

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