Un jury de personnes qualifiées s’est réuni le 1er juillet à Nantes pour désigner les entreprises lauréates des Trophées Industrie Grand Ouest dans les trois catégories de prix (ancrage territorial, industrie de demain, industrie durable), le prix coup de cœur et, bien sûr, le grand prix 2026. Pour les start-up candidates, le process est un peu différent. Dans un premier temps, ce sont les internautes qui vont choisir parmi les jeunes pousses qui nous ont fait parvenir leur dossier, les trois entreprises nominées pour la finale. Nous vous proposons pour cela les portraits des six start-up éligibles à l’édition 2026. Vous savez jusqu’au 30 septembre pour voter. Les dirigeants des trois entreprises sélectionnées seront invités à pitcher en direct lors de la cérémonie de remise des trophées le 7 octobre au parc des expositions de Nantes lors du salon Industrie Grand Ouest. Le vainqueur sera désigné par les votes du public.
Pour voter il vous suffit de cliquer sur le bouton en pied de cet article et de vous laisser guider.
Chem & Flow réinvente la production chimique et pharmaceutique
La deeptech nantaise Chem & Flow a été fondée fin 2025 par Julien Martin-Cocher et cinq autres associés. Cette jeune pousse a grandi au sein du laboratoire Ceisam, de l’Université de Nantes avant d’être accompagnée par l’incubateur Atlanpole. Son ambition ? Tout simplement révolutionner le mode de production dans les usines chimiques et pharmaceutiques en remplaçant le process traditionnel du batch (tous les ingrédients mélangés dans des cuves fermées standards) au profit d’une nouvelle technologie : la chimie en flux. Ce procédé permet de réaliser des réactions en flux continu et de contrôler la performance de la réaction en temps réel en utilisant moins de solvants. Autres avantages de la chimie en flux, "la réduction de la taille d’une usine de plusieurs hectares à quelques mètres cubes" affirme Julien Martin-Cocher, grâce à des procédés miniaturisés. Cette technologie suppose des compétences en chimie, mais aussi en robotique et en intelligence artificielle. Chem & Flow a mené de premières expérimentations à grande échelle pour la production de 100 tonnes d’anti-inflammatoires, en utilisant "90 % de solvants en moins", en générant " beaucoup moins de déchets" et en économisant "720 tonnes de gaz à effet de serre" se félicite Julien Martin-Cocher. Un argument loin d’être négligeable, à l’heure où les réglementations environnementales devraient prendre de l’ampleur pour les industriels.
La chimie en flux devrait également permettre d’utiliser de nouveaux composants pour produire certaines molécules d’une nouvelle façon. "On peut par exemple imaginer utiliser du diazométhane, qui n’est pas utilisé en batch, car très explosif. Avec la chimie en flux, on n’utilise à l’instant T qu’une très petite quantité, donc le risque est moindre" explique Julien Martin-Cocher.
La start-up, qui est en discussion avec des industriels, a signé ses premiers contrats pour accompagner certaines productions, de quoi convaincre les investisseurs de s’engager dans une première levée de fonds.
HIT Mag veut réduire notre dépendance technologique aux terres rares
HIT Mag est une start-up finistérienne créée à Plouzané près de Brest par Arnault Trac à partir des travaux de deux chercheurs, le physicien Jean-Luc Mattei et le chimiste Antoine Hoëz, spécialistes des matériaux magnétiques au Lab-STICC du CNRS et de l’université de Bretagne Occidentale. La deep-tech développe une nouvelle génération d’aimants permanents bas-carbone et sans terres rares. Sa technologie de chimie douce permet de réduire fortement l’empreinte carbone des aimants et de se poser en alternative aux aimants produits en Asie, et notamment en Chine. Des aimants utilisés dans les télécommunications, le spatial, l’automobile, la robotique ou les énergies renouvelables. L’entreprise a réalisé une levée de fonds de 1,6 million d’euros en décembre 2025 auprès de LITA, Bpifrance, la SATT Ouest Valorisation, Breizh Up ainsi que des réseaux de Business Angels du Finistère et d’Ille-et-Vilaine. Cette levée de fonds doit lui permettre de financer sa R & D, pour accélérer l’industrialisation de ses technologies avec un premier laboratoire, le renforcement de son équipe de recherche, et de ses capacités de prototypage et de production pilote.
HIT Mag espère lever à nouveau 5 M€ pour dimensionner un outil industriel capable de produire 2 000 à 3 000 aimants d’ici à deux ans avec un chiffre d’affaires attendu de 8,70 M€ en étant rentable.
LMT RBTIQ enroule des fibres ultrarésistantes
Thomas Lemuet a créé LMT RBTIQ en janvier 2025 à Argentan dans l’Orne sur une niche technologique : l’enroulement filamentaire, qui permet la création de structures ultralégères et ultrarésistantes. La start-up crée des robots qui enroulent des filaments en fibres de carbone, de verre, de Kevlar® ayant les mêmes propriétés mécaniques que l’acier pour donner naissance à un guidon de vélo, un réservoir sous pression, un renfort structurel, une pièce de satellite… Thomas Lemuet qui travaille seul pour le moment, espère embaucher trois personnes d’ici à 2028.
Prévi’link peaufine les plans d’intervention des pompiers en cas de sinistre
L’entreprise brestoise Prévi’link (3 salariés, 325 000 euros de CA en 2025) développe un outil d’aide à la décision pour faciliter l’intervention des secours dans les installations industrielles. En clair, elle propose aux entreprises des fiches contenant toutes les informations qui pourraient servir aux pompiers en cas d’incendie : contacts, zones à protéger en priorité pour redémarrer l’activité, zones de produits dangereux, modélisation 3D réalisée par des drones. Créée par Thomas Kersebet en 2023, elle cible principalement les Services Départementaux d’Incendie et de Secours, les compagnies d’assurances et les entreprises. Objectifs communs : limiter les risques, améliorer la prévention et protéger les enjeux humains, opérationnels et économiques des organisations.
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