«C'est un investissement d'anticipation sur les demandes des particuliers mais aussi en BtoB», explique Fabrice Treguer, le directeur commercial de Trecobat. Le constructeur de maisons individuelles a mis quatre millions d'euros dans la nouvelle usine de sa filiale Maisons Nature et Bois. Installé sur 5.300m², zone de Ménes Bras, à Lannilis, le site peut sortir jusqu'à 55.000m² de murs par an. «Soit une à deux maisons à ossature bois par jour», précise Yvan Le Jeune, le directeur de l'usine. Inaugurée fin janvier, elle était en rodage depuis octobre. Car l'entreprise compte bien monter en puissance. «On réalise plus d'une centaine de ces maisons tous les ans. Cela représente 15% du chiffre d'affaires du groupe (105M€ consolidés).» Trecobat, qui a rejoint Produit en Bretagne il y a quelques mois, n'est pas un nouveau venu sur le marché de la maison à ossature bois. «Nous en faisons depuis trente ans et c'est fort de cette expérience que nous avons lancé cet investissement», explique Fabrice Treguer. Aujourd'hui, le groupe veut aussi diversifier cette filière avec du Bto B.Aller vers les entreprises, promoteurs, bailleurs sociaux pour leur proposer des locaux commerciaux, locaux d'activité, extension d'entreprises. «Nous pouvons aussi produire des murs bois pour du logement collectif, et logements social.» À terme, les maisons individuelles en ossature bois ne devraient représenter que 40% de l'activité de l'usine. Les extensions pour maisons et l'activité «professionnels» devraient atteindre 60%. En plus des neuf conseillers intégrés au réseau Trecobat, deux commerciaux s'occupent spécialement de ces grands comptes.
«Le maximum dans l'usine»
Quinze à vingt personnes travaillent dans le nouvel atelier. «Le but est bien sûr d'embaucher au fur et à mesure de l'augmentation d'activité.» L'effectif de Maisons Nature et Bois est déjà passé d'une trentaine à 42 personnes en un an. «Aujourd'hui, nous sortons une maison par jour environ, en un seul huit. On est capable de faire le double», indique Yvan Le Jeune. Chaque maison nécessite 15m³ de bois «d'Europe du Nord. Car la filière bois locale n'a pas encore les moyens de nous fournir», confie Fabrice Treguer. Dans l'usine, tout a été fait pour faciliter le montage des murs. «Nous faisons un maximum de finitions ici: bardage, fenêtres, volets roulants,etc. Car nous avons des conditions optimales de sécurité et de qualité», explique Yvan Le Jeune. Le bois est acheminé des tables de montage (une numérique, une manuelle pour les "hors standards") vers les trois lignes de production grâce à des zones de cheminement avec des rails. La pose du bardage se fait sur des tables basculantes. «Pour le confort des ouvriers. Les murs arrivent à l'horizontal et les tables basculent pour le montage du bardage à la verticale.» Cette étape terminée, l'acheminement vers la zone de stockage se fait par des ponts roulants. «Car là, ce n'est plus le même poids, ni gabarit. Ce sont des murs entiers!» Le transporteur peut alors les embarquer. «La pose sur place est nettement plus rapide. Et le chantier est sec, pratiquement sans béton», ajoute Fabrice Treguer.
Sous-traitance pour d'autres constructeurs
Ce savoir-faire, Trecobat propose aussi de le sous-traiter à d'autres constructeurs. «Hors de notre zone, naturellement.» Et celle-ci ne cesse de s'agrandir. L'agence de Toulouse, créée il y a un an, s'est agrandie d'un bureau commercial à Castres. «C'est à 80km, on s'y implante pour se rapprocher de nos clients, précise le directeur commercial Avec huit à dix chantiers par mois, nous sommes très contents de ce démarrage. Il prouve que notre modèle économique s'exporte bien». Les agences de Nantes et Rennes, quant à elles, sont en passent de devenir les plus importantes du groupe. «Dans trois ou quatre ans», estime-t-il. Celle de Rennes s'apprête d'ailleurs à déménager, en mars, dans des locaux de 500m² à Cesson-Sévigné, zone de la Rigourdière. Un investissement de 600.000euros.
Trecobat
(Lannilis) 320 salariés 105millions d'euros de chiffre d'affaires 02 98 04 01 82