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Transport et logistique : la filière chiffre son poids économique et avance ses revendications avant la Présidentielle
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Transport et logistique : la filière chiffre son poids économique et avance ses revendications avant la Présidentielle

L’Union TLF, organisation professionnelle de la branche des transports et de la logistique, revendique son poids économique en France avec une étude présentée lors de son assemblée générale annuelle. L'organisation en profite pour formuler un certain nombre de revendications à l'attention des pouvoirs publics, dans la perspective de la présidentielle 2027.

Le secteur du transport et de la logistique représente 9% du PIB et 267 milliards d'euros de chiffre d'affaires (chiffres 2025) — Photo : qohhar - stock.adobe.com - nautika43

On a coutume de dire en France "quand le bâtiment va, tout va". Le secteur du transport et de la logistique affirme, lui, que c’est quand le transport va que tout va. Et il a bien l’intention de faire passer ce message dans la prochaine campagne présidentielle. Avec comme lignes de force un certain nombre de revendications.

L’Union TLF, une des grandes organisations professionnelles de la branche, qui représente 2 000 entreprises et 250 000 salariés, dévoile à l’occasion de son assemblée générale annuelle vendredi 19 juin 2026, une étude réalisée par le cabinet Asterès de l’économiste Nicolas Bouzou.

Cette étude mesure l’empreinte économique "réelle" du transport de marchandises et de la logistique en France. Histoire de rappeler que le secteur est "un levier de croissance, et non une variable d’ajustement budgétaire". Le transport et la logistique "pèsent plus que l’agroalimentaire et trois fois plus que l’hôtellerie-restauration dans l’économie française or cette dimension est largement sous-évaluée dans le débat public" note l’Union TLF.

9 % du PIB

L’empreinte économique affichée par l’étude représente 9 % du PIB avec 267 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et 90 milliards d’euros de valeur ajoutée. Mais aussi 1,6 million d’emplois en équivalent temps plein, 1,8 million au total, soit près de 6 % du total de l’emploi français. Des emplois répartis dans plus de 40 000 entreprises implantées à 81 % en régions, hors Île-de-France (contre 73 % tous secteurs d’activité confondus), des emplois durables (75,6 % des offres du secteur sont des CDI, contre 47,6 % pour l’ensemble des offres), souligne l’étude.

267 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 1,8 million d'emplois

Cette dernière note aussi que la filière "insère", avec 64,2 % de personnes qui accèdent à l'emploi six mois après formation (contre 58,4 % tous secteurs d'activité) et joue un rôle assumé d'ascenseur social en investissant plus de 400 millions d'euros chaque année dans la formation.

Un effet de levier

"Cette empreinte est partout, mais pèse davantage dans certains territoires : jusqu’à 16 % de l’emploi en Centre-Val de Loire, 26 % dans le Loiret détaille l’étude qui comptabilise 67 000 entrepôts, le plus souvent de moins de 1 500 m²" dans tout le pays.

En outre l’étude du cabinet Asterès constate qu’une grande partie de ces emplois ne figurent dans aucune statistique liée au transport : emplois de magasiniers, caristes et logisticiens estampillés commerce, industrie, agriculture, services… Près de la moitié de l’activité de la filière travaille opère ainsi dans l’ombre des autres secteurs, poursuite l’étude.

"La logistique, c'est un peu comme la santé : on en mesure l'importance lorsqu'elle se dégrade. C'est une infrastructure productive à part entière"

Nicolas Bouzou, fondateur du cabinet Asterès

En insistant sur l’effet d’entraînement du secteur. "En intégrant l’activité que la filière irrigue chez ses fournisseurs et via la consommation de ses salariés, sa contribution totale atteint 3,2 millions d’emplois, 574 milliards d’euros d’activité et 29 milliards d’euros de recettes directes pour les finances publiques.

"La logistique, c’est un peu comme la santé : on en mesure l’importance lorsqu’elle se dégrade. Ce n’est pas une fonction support, c’est une infrastructure productive à part entière" affirme Nicolas Bouzou, fondateur du cabinet Asterès.

"Sans nous, l'économie française s'arrête"

Aujourd’hui le secteur du transport et de la logistique affronte un certain nombre d’obstacles à commencer par la hausse du coût des carburants, mais aussi comme d’autres secteurs, des coûts du travail jugés trop élevés, des difficultés pour trouver du foncier disponible pour s’implanter, un cadre fiscal et réglementaire pénalisant. Et paye un lourd tribut à la conjoncture avec 3 085 défaillances d’entreprises de transports routiers et de voyageurs (y compris les taxis) en 2025 selon Altares (+ 5 % en un an).

"Cette étude met enfin des chiffres sur une évidence : sans nous, l’économie française s’arrête", affirme Jean-Thomas Schmitt, président de l’Union TLF, dirigeant du groupe de transport et logistique Heppner.

"Un pacte pour une France qui livre"

Forte de son poids économique revendiqué l’Union TLF exige donc un certain nombre d’actions de la part des pouvoirs publics dans la perspective de la présidentielle 2027, avec la publication d’un manifeste, "Le Pacte pour une France qui livre" et la mise en ligne d’une plateforme internet revendicative "Cap 2027". Parmi les attentes, figurent "des allégements réglementaires ciblés, de la visibilité pour investir, des infrastructures adaptées, une fiscalité cohérente face aux concurrents européens". Ou encore un accompagnement de la transition énergétique pour réussir l’électrification du transport routier.

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