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Transmanche : Quel modèle économique ?
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Transmanche : Quel modèle économique ?

À l'heure où la Cour régionale de comptes stigmatise la gestion de la ligne Dieppe-Newhaven, le nouvel exécutif du département doit trouver des solutions pour tenter de la pérenniser.

Alors que son trafic au premier trimestre a connu une progression très nette, la ligne Dieppe-Newhaven a enclenché début mai la vitesse supérieure en portant son offre à 3 rotations quotidiennes. Avec 47.000 passagers (+ 40 %), 15.300 véhicules de tourisme (+ 57 %), 12.000 camions (+ 20 %) dont 1.700 remorques non accompagnées (2,5 fois plus), ces résultats trimestriels laissent bien augurer d'un exercice 2015 crucial pour le transmanche dieppois.




Prorogation de la DSP ...faute de candidature

Fluctuat nec mergitur. Cette devise pourrait être celle de la liaison transmanche pluriséculaire qui relie le port cauchois à son vis-à-vis de l'East Sussex. En tout cas, le sujet récurrent de la pérennité de « La Ligne » comme l'appellent familièrement les Dieppois va inévitablement revenir sous les projecteurs de l'actualité dans les mois qui viennent. Faute de candidature à l'appel d'offres, la Délégation de Service Public (DSP) pour l'exploitation consentie par le Département de Seine-Maritime à l'opérateur maritime danois DFDS (repreneur des activités transmanche du bénéficiaire initial LD Ferries) a été prolongée d'un an jusqu'au 31 décembre 2015. Cette échéance se rapproche à grands pas. Si la nécessité de maintenir l'activité transmanche à Dieppe fait l'unanimité dans les milieux économiques et politiques concernés, il n'en apparaît pas moins évident qu'un nouveau modèle économique pour son fonctionnement est indispensable.




Un appel aux partenaires

Tout nouvellement porté à la tête du Conseil départemental de la Seine-Maritime, Pascal Martin a présidé le 15 avril le Comité Syndical Transmanche du Syndicat Mixte de Promotion de l'Activité Transmanche (SMPAT) dont la Ville et la Communauté urbaine de Fécamp sont récemment retirées (1). Le nouveau « patron » du Département a confirmé la poursuite des études dans ce sens et rappelé en substance que la solution passait par une participation accrue des partenaires actuels et à venir, qu'il s'agisse d'entreprises privées ou de collectivités locales. Pour l'heure, Conseil Départemental de la Seine-Maritime assure l'essentiel de la (très) lourde charge financière de l'exploitation des ferries en lice, les jumeaux Côte d'Albâtre et le Seven Sisters, dont il est propriétaire.




Rapport critique de la Cour régionale des comptes

Une chose est certaine, tout devrait être remis sur la table. Dans son Rapport d'observations définitives délibéré en octobre 2014, la Chambre régionale des comptes de Normandie se montrait très critique à l'égard de la gestion du SMPAT soulignant que « les interrogations concernant l'application des règles de droit, la complexité du montage juridique, le financement particulier de la flotte porteur d'importants risques futurs, sont toujours d'actualité ». Et d'insister sur le fait que « le syndicat n'a pas réussi à développer son attractivité et apparaît comme dépourvu de véritable stratégie alternative depuis la mise en place de la gestion déléguée ». Dans ce contexte, l'appel du pied du SMPAT à la Région Haute-Normandie pour une participation accrue est manifeste. Pour Nicolas Mayer-Rossignol qui la préside, « la Région contribue déjà beaucoup à l'activité transmanche via le Syndicat Mixte du port de Dieppe, tant pour les investissements spécifiques que pour la qualité et l'attractivité de ses prestations ».




Le Département discute avec la région

Il ne fait guère de doute que le sujet transmanche sera à l'ordre du jour d'une rencontre évoquée comme prochaine des présidents des deux exécutifs. D'autant que l'échelle Normandie va inévitablement modifier la lecture de l'activité transmanche normande. Quelle sera alors la politique spécifique de la future Région avec quatre établissements portuaires (1) actifs dans cette spécialité maritime et les collectivités locales de l'ex Basse-Normandie impliquées dans la structure de l'armement Brittany Ferries. En attendant, le SMPAT va procéder à la mise aux normes de ses ferries à la Directive européenne Marpol VI imposant aux opérateurs transmanche d'utiliser un carburant dont la teneur en soufre est inférieure à 0,1 %. Depuis le début 2015, les ferries utilisent du gazole maritime moins polluant mais plus onéreux. La solution optimale repose sur le passage à la conversion des moteurs au Gaz Naturel Liquéfié pour un coût de 8 millions d'euros par unité.


(1) Dieppe, Le Havre, Caen-Ouistreham, et Cherbourg.

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