Transmanche : Le métro refait surface
# Services # Investissement

Transmanche : Le métro refait surface

Infrastructure Fin novembre, le P-dg d'Eurotunnel Jacques Gounon relançait le projet de métro Transmanche dans un courrier adressé à Daniel Percheron. Si des incertitudes subsistent, certains acteurs économiques évoquent déjà de belles retombées potentielles.

Alors que le projet du Canal Seine Nord Europe semble sur les rails, un autre projet concernant une infrastructure de taille a refait surface dans le Nord - Pas-de-Calais, fin novembre. Tout est parti d'un tweet de Philippe Vasseur, président de la CCI de Région Nord de France : « Le P-dg d'Eurotunnel, Jacques Gounon, propose au président de la Région Nord - Pas-de-Calais, Daniel Percheron, de créer un "métro transmanche" ».




Jacques Gounon interpelle Daniel Percheron

Une nouvelle confirmée par la direction communication du groupe Eurotunnel : Jacques Gounon a adressé, le 19 novembre, un courrier sur le sujet à Daniel Percheron, président du conseil régional. Dans ce dernier, le P-dg du groupe Eurotunnel relance le sujet en attirant l'attention du président du conseil régional sur le fait que la SNCF, qui vient de présenter ses toutes nouvelles rames, dispose donc d'anciennes rames : un patrimoine qui pourrait servir dans la mise en place de ce métro Transmanche. La condition étant que la SNCF accepte car pour l'heure, « elle a déclaré qu'elle allait les retirer du service et procéder à leur démantèlement », précise Fabienne Lissak, la directrice de la communication du groupe Eurotunnel. Le métro Transmanche refait donc une énième fois surface et, comme à chaque fois, des interrogations subsistent sur le sujet : « Il faut des rames mais aussi un financement et un projet qui soit rentable. Les questions que se pose aujourd'hui le groupe Eurotunnel sont : est-ce que le conseil régional veut soutenir le projet et combien pourrait-il mettre pour le financer ? », rapporte Fabienne Lissak.






Les retombées potentielles pour le Calaisis

Rappelons que l'un des objectifs phares du métro Transmanche est de permettre le travail transfrontalier et donc la réduction du chômage sur la Côte d'Opale et en particulier à Calais, où il culminait à 16 % sur le 2e trimestre 2014. « Dans le Sud-Est de l'Angleterre, le chômage est à 4,4 % et seulement à un peu plus de 2 % dans le district d'Ashford. De plus la croissance est de 3,2 % en Angleterre », déclare Thaddée Segard, président de l'association Opale Link et un des administrateurs du Cercle Côte d'Opale Synergie. Deux entités qui se sont d'ailleurs alliées récemment dans la mise en place d'un « Transmanche commuters », un groupe de jeunes gens qui s'organisent pour trouver du travail là-bas. « Ils mutualisent des recherches sur les impôts, la sécurité sociale, la retraite, etc. Ils se battent ensemble pour trouver un boulot en Angleterre », explique encore Thaddée Segard. Le groupe, qui ne compte pour l'instant qu'une dizaine de personnes, a vocation à grossir.






Des incertitudes subsistent

Malgré de telles initiatives, des questions se posent encore, pour le groupe Eurotunnel comme pour d'autres acteurs, sur la pertinence de cette liaison pour les travailleurs calaisiens : tout le monde est-il prêt à aller travailler dans un autre pays ? Par ailleurs, les Calaisiens maîtrisent-ils suffisamment l'anglais ? Pour Thaddée Segard, la majeure partie du marché de ce métro Transmanche se situe peut-être ailleurs, au niveau de l'économie résidentielle. « En Angleterre, les maisons se vendent vite et bien, et le foncier est moins cher que chez nous. Il y a des opérations intéressantes à réaliser pour les cadres supérieurs et professions libérales d'origine anglaise, à condition qu'un tel métro leur permette de vivre en France et de rejoindre facilement l'Angleterre. C'est intéressant car le foncier est un investissement pérenne sur un territoire et ces Anglais peuvent quelque chose pour le chômage dans le Calaisis : selon l'Insee, cinq nouveaux arrivants sur un territoire génèrent un emploi ».






Faut-il y croire ?

Tout aussi intéressant qu'il soit, le projet de métro Transmanche connaît un cheminement au moins aussi compliqué que celui du Canal Seine Nord Europe. Face à ce constat, y a-t-il donc quelques raisons d'y croire suite à ce courrier relançant le projet ? Pour Thaddée Segard, la réponse est affirmative : « Jacques Gounon a toujours déclaré qu'il était d'accord pour faire un effort sur le coût d'accès au tunnel pour une telle liaison. Par ailleurs, l'Europe presse la France et l'Angleterre d'agir sur le sujet ».

# Services # Investissement