En 2007, le département de la Loire s'était fixé pour objectif de passer d'ici à 2012 de sa peu glorieuse place de 60e destination touristique française à un plus respectable 50e rang. Cinq ans après, l'objectif n'est pas encore atteint, mais le bilan est néanmoins positif. «Début 2010, nous étions à la 55e place. Aujourd'hui, nous devons nous situer à la 53e place. Ce qui est significatif, c'est qu'en 10 ans les emplois dans le tourisme ont progressé de 25% dans le département. Avec plus de 7.000 emplois directs, le tourisme pèse autant que l'agriculture», développe Jean-François Gibert, directeur de l'Agence de développement touristique de la Loire.
Une offre plus qualitative
Cette progression, la Loire la doit en grande partie aux actions développées dans le cadre de son schéma départemental touristique 2008-2012. «Nous nous sommes surtout attachés à améliorer la qualité de l'offre. Cet objectif a été atteint grâce à plusieurs dispositifs qui ont permis le développement d'hébergements de qualité. Il y a aussi toute la politique de valorisation de l'offre via le dispositif "village de caractère" qui a abouti à la labellisation de 11 villages. Villages qui ont vu leur fréquentation exploser. À cette occasion, il y a eu toute une structuration de l'offre avec une rénovation importante du patrimoine. L'intérêt de la démarche était aussi que l'investissement public engendre des investissements privés. Et cela a fonctionné puisque cela à favorisé l'installation de chambres d'hôtes et restaurants», développe Jean-François Gibert. Si l'accent a été mis sur le développement qualitatif de l'offre, reste aujourd'hui à régler la question quantitative. «La Loire dispose de 25.000 lits touristiques avec une fréquentation qui est dans la moyenne haute de Rhône-Alpes, quelle que soit la typologie d'hébergements: meublés touristiques, hôtellerie, hôtellerie de plein air», explique le directeur. Et d'ajouter: «Aujourd'hui, l'enjeu, c'est de développer les lits touristiques marchands. Si nous en avions 5.000 de plus, ce serait déjà bien. Mais des lits de qualité ! La Loire ne pourra jamais se positionner sur du low cost et du tourisme de masse». Avec 5.000 lits supplémentaires de qualité, la Loire devrait être en mesure de truster le 50e rang des départements français les plus touristiques. «C'est toujours l'objectif. Le problème, c'est de trouver les investisseurs privés. Compte tenu du contexte économique, il faut bien reconnaître qu'ils ne sont pas forcément très enclins à investir dans des équipements», argumente Jean-François Gibert.
Priorité aux gros projets
Si les projets d'investissements sont moins nombreux ces derniers temps, c'est peut-être aussi parce qu'ils sont de taille plus importante. «Auparavant, nous avions un nombre important de petits projets, notamment des particuliers qui cherchaient à rénover leur patrimoine. On ne va pas s'en plaindre car c'était aussi l'un des objectifs du schéma départemental. Cet objectif est atteint. Désormais, la tendance est plutôt à de gros projets avec des investissements de l'ordre de 1 à 2millions d'euros. Des projets qui ont pour vocation de créer 30 à 40 lits touristiques associés à des salles de séminaires par exemple», développe le directeur de l'agence. Bonne nouvelle, cette tendance semble correspondre aux besoins et à la typologie de la Loire. «50% de la fréquentation touristique de la Loire est issue des départements Rhônalpins. Aujourd'hui, notre bassin de clientèle est de 1.600.000 habitants dans un périmètre d'une heure et demie. Cette position centrale fait que les équipements auxquels on associe de l'hébergement, du séminaire, des activités, de la remise en forme et du bien-être sont ceux qui rencontrent le succès. Et pour cause, ces équipements plurifonctionnels permettent de satisfaire à la fois une clientèle de séminaire, la semaine, et de court séjour, le week-end», détaille Jean-François Gibert. Avec l'effet crise, la fréquentation locale pourrait bien être encore renforcée cet été. «Les gens partent moins longtemps et moins loin, c'est un fait», remarque le directeur. La Loire a donc une carte à jouer!
Passée du 60e au 53e rang des destinations touristiques en France, la Loire manque aujourd'hui d'hébergement de qualité pour poursuivre sa progression.