Quelle est la stratégie derrière votre plan Transformation 2020 annoncé le 7 juin ?
Nous avons analysé les forces et les faiblesses du groupe. Et dans un environnement concurrentiel qui a vu plusieurs mouvements dans la filière, nous voulons nous inscrire davantage dans une logique de systémier, plutôt que comme pur assemblier, avec trop peu de valeur ajoutée.
Quels sites industriels vont être touchés ?
Nous avons évalué la position de tous nos sites. La conclusion est double : il y a un besoin d’une taille critique et il faut que chaque site soit un centre de compétences dans un domaine d’expertise. Notre site de Gimont (Gers) deviendrait le site de référence sur les grosses pièces aérostructures. Les sites de Labège (Toulouse) et Liposthey (Landes) seraient les centres de compétences en meubles avioniques et harnais électriques. Le site de Tarbes (70 collaborateurs dont 34 en CDI) viendrait à être fermé car il est trop petit et concerné par des programmes en baisse de cadences comme l’A330 et l’A380. La production serait transférée pour une partie importante à Liposthey et nous proposerons à des collaborateurs de rejoindre ce site.
Latécoère souhaite par contre ouvrir un site à Toulouse ?
Un site neuf ouvrirait en région toulousaine pour y relocaliser la fabrication de pièces élémentaires. Ce centre de compétences en usinage, qui nécessitera 20 M€ d’investissements, emploierait dès le départ plus de 100 salariés. Le calendrier dépendra du site, si nous rachetons ou faisons construire le bâtiment.
Un second site serait créé en Bulgarie ?
Oui, pour y transférer la production de petits assemblages disséminés aujourd’hui un peu partout. Ce site qui devrait démarrer au premier trimestre 2017 supportera toutes nos usines et sera très compétitif. Il sera proche de notre usine en République Tchèque qui fabrique des pièces élémentaires.
Les 236 postes supprimés concernent quels sites ?
Surtout ceux de Périole et de Tarbes. Mais ce chiffre ne tient pas compte de l’impact du plan de départ volontaire. Il a aussi des opportunités de reclassement interne : plus de 100 postes ne sont pas pourvus sur nos sites aujourd’hui en France. Même si cela implique des efforts de formation. Je compte aussi sur la mobilité externe. Nous avons engagé des discussions avec des sous-traitants aéronautiques dans la région pour identifier leurs besoins en personnel.