Ne pas se fier à son air d'étudiant : Arnaud Desbazeille a 36 ans, dix ans d'activité de conseil en entreprise à Paris puis Toulouse derrière lui, et Sup de Co Lyon (EMLYON aujourd'hui) comme formation. C'est lorsqu'il est l'objet fin 2013 d'un licenciement économique dans le conseil à Toulouse qu'il se met à rêver au lancement d'une activité dans la bière. « L'aspect concret et convivial du produit me plaisait, avec l'avantage de pouvoir être au coeur d'une ville, contrairement au vin... ce qui favorise les contacts avec les clients », explique-t-il. Désireux de vendre une bière rattachée à Toulouse, il tombe dans un guide touristique sur d'anciennes brasseries toulousaines, dont La Debs, disparue dans les années 50. Quand on s'appelle Desbazeille, on peut y voir un coup du destin !
Le concept
Arnaud Desbazeille crée La Debs en juin 2014, se rapproche de trois brasseurs de la région avec l'idée de sortir une première bière marketée pour la coupe du monde de rugby. Développée par un brasseur de Cahors, la Debs Rugby arrive sur le marché : « Chaque mois, je changeais la couleur de l'étiquette et un texte de description d'un poste dans une équipe de rugby à 15 », raconte cet amateur du ballon ovale - qui joue d'ailleurs au rugby, dans une équipe d'Aucamville. Il se retrouve, lors de la demi finale du Top 14 à Bordeaux en juin 2015, à la soirée de gala organisée par la Ligue nationale de rugby : sa mousse fait mouche et lui ouvre les portes de la Compagnie des Pergos, du Bibent et du Stade Toulousain. Ainsi que de la grande distribution, puisque que le réseau Simply Market de l'agglomération toulousaine le rentre dans ses références.
Les perspectives
Après cette première année d'activité et 45.000 € de chiffre d'affaires, Arnaud Desbazeille élargit sa gamme. Une bière classique qu'il a développée lui-même avec un brasseur de Montgaillard, appelée Debs Classique Blonde, sort sur les étals en juin 2015. « C'est une bière d'inspiration alsacienne, car la famille Debs était d'origine alsacienne. » Cette bière « avec plus de caractère mais qui reste facile à boire » est suivie par « une bière rose pour la Ville Rose », avec des arômes naturels de pamplemousses rosés, ajourd'hui surtout vendue dans les épiceries fines.
Les projets
La saison de la bière, qui commence en avril, va coïncider avec la sortie d'une Debs blanche, plus citronnée. Au-delà de la bouteille, la jeune société - qui travaille déjà avec la Mêlée, la CGPME ou encore le réseau DCF - veut multiplier les événements ou opérations spéciales avec entreprises et réseaux. Et espère dépasser 100.000 € de CA en 2016. Pour Arnaud Desbazeille, le vrai défi aujourd'hui est de trouver des capitaux pour internaliser la production, c'est-à-dire ouvrir sa propre brasserie l'hiver prochain. « Ce serait possible avec moins de 100.000 € », estime-t-il.
Arnaud Desbazeille fait revivre la Debs, l'une des premières bières brassées à Toulouse, au 19e siècle, par deux frères alsaciens : Michel et Casimir Debs.