Free a fait trembler le monde de la téléphonie en ouvrant une porte sur les doigts de ses petits camarades. Utilité de la concurrence: tous les prix ont fondu d'un seul coup... Ce triopole a pu perdurer dans un territoire protégé par l'État. Notre politique économique apparaît ainsi parfois comme un simple intérêt fiscal, au détriment des citoyens. Ce système induit un capitalisme de connivence, où la réussite d'une entreprise se mesure moins du côté des clients que dans la capacité à décrocher des faveurs de l'État. Il y aurait beaucoup à dire dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la formation, de la pharmacie, des autoroutes, etc. Et il reste à garantir la clarté des appels d'offres publics. Quand l'État intervient massivement dans l'économie, il est naturel de voir les grands groupes tenter d'obtenir des privilèges et les syndicats essayer d'arracher des subsides pour des entreprises publiques mal gérées (que le contribuable peut toujours renflouer). Remarquable exemple de cette collusion État-entreprise publique- syndicat: Seafrance. Aucune entreprise privée n'aurait pu supporter cette incroyable gabegie. La démondialisation, nouveau nom du protectionnisme, est le dernier avatar de notre peur de la concurrence. Mais faut-il démondialiser Airbus, Bénéteau, Essilor, Manitou, Alstom, Lactalis, Lafarge, Accor, CMA-CGM, Renault, Archos et ces milliers d'ETI et de PME qui se frottent déjà au monde? Ne masquons pas nos soucis de compétitivité par des cache sexes protectionnistes. Le rôle de l'État est d'arbitrer la concurrence et la réciprocité internationale, plutôt que d'en perturber les règles. La concurrence est le seul terrain de vérité pour les prix, l'innovation, l'usage client, le service, la qualité. La libérer, c'est donner du pouvoir d'achat et insuffler un immense coup d'oxygène à la dynamique entrepreneuriale. @email
ENTRE NOUS par Vincent Combeuil Directeur des rédactions