Thonon-les-Bains renoue avec son passé de ville casino presque 100 ans après la fermeture de son premier établissement de jeux au début des années 50. Ce dernier sera réhabilité en lieu culturel. La ville accueillera donc un nouvel établissement sobre énergétiquement équipé de 175 machines à sous, 40 jeux électroniques et 6 tables de jeux traditionnelles. Et c’est le belge Golden Palace qui remporte la délégation de service public face à dix autres concurrents ayant répondu à l’appel à manifestation d’intérêt.
Golden Palace, exploite déjà 43 casinos en Belgique et 2 en France à Noirétable (Loire) et à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). "C’est une localisation magique par la beauté du lac, explique Massimo Menegalli, directeur général du groupe. C’est un casino phare situé sur un bassin avec un rapport population visée et nombre de machines à sous important." Le dirigeant prévoit 200 000 joueurs par an et 220 000 visiteurs. Comparativement, les casinos voisins tels que celui d’Annemasse, Annecy ou encore Evian, reçoivent entre 170 000 et 233 000 joueurs.
" Nous ne pouvions pas ne pas nous positionner. Pour nous c’est un gros casino et un projet majeur tant en potentiel qu’en investissement puisque c’est le plus gros investissement que nous avons fait jusqu’alors pour un casino. "
L’industriel du jeu affiche un chiffre d’affaires d’environ 320 millions d’euros et emploie 600 personnes. Pour un investissement de 29,895 millions d’euros Massimo Menegalli, table sur un produit brut des jeux de 20 millions d’euros par an pour le futur casino de Thonon-les-Bains. Afin de mener à bien l’exploitation prévue au premier trimestre 2027, le groupe annonce 70 recrutements.
Coup de poker pour le maire
De son côté le maire Christophe Arminjon fait coup double. Avec une délégation sur 20 ans, l’édile assure à la commune un revenu estimé à 2,5 millions d’euros par an. Pour un investissement de départ qui s’élève à 1,9 million d’euros pour l’achat du terrain, la commune percevra 170 000 euros de loyer par an. À cela s’ajoutent 2,5 % du chiffre d’affaires annuel du bar et restaurant, mais également 15 % de contribution sur le produit brut des jeux et 300 000 € de contribution financière à l’organisation de manifestation évènementielles.
Mais ce n’est pas tout, à l’échéance de la délégation de service public, le casino revient à la commune, libre de choisir un nouvel exploitant ou non.
Un casino pour redynamiser le territoire
Générer un surcroît d’activité commerçante, renforcer l’économie de proximité et créer de l’emploi, voilà les ambitions que nourrit ce casino d’environ 6 000 m². Malgré son statut de station thermale et ville labellisée touristique, Thonon-les-Bains, reste confrontée à une activité saisonnière, entre l’été et la saison des cures. Le maire de la commune de 40 000 habitants, entend maintenir un certain niveau d’activité afin de conserver la labelisation ville touristique. "La saison touristique estivale s’est étiolée, déplore-t-il. Elle s’est réduite du 15 juillet et 15 août, donc il a fallu faire un électrochoc et plusieurs investissements dont le casino."
L’édile souhaite utiliser la force de frappe d’un casino pour booster le cœur de ville moins dynamique en soirée et en week-end. C’est pourquoi le casino est situé près de la gare et non en périphérie de la ville. "Nous avons une économie très dépendante de la Suisse et notre risque est de devenir une ville-dortoir avec des mobilités pendulaires", s’inquiète Christophe Arminjon. Comptant sur la loi tacite, assurant la création d’1,5 emplois indirects pour un emploi créé au sein du casino, Christophe Arminjon espère créer des emplois pour les besoins de la population.
Des redevances au service des Thononais
D’après Christophe Arminjon, cette nouvelle manne financière pourrait contribuer à ne pas augmenter les impôts locaux ainsi qu’à des investissements pour offrir des services complémentaires à la population. Le budget communal s’élève à 70 millions d’euros par an pour le fonctionnement et 30 millions d’euros d’investissements.
De plus, Golden Palace, affiche une politique d’intégration territoriale et souhaite s'intégrer dans la ville. A ce titre, il a d'ores et déjà prévu une enveloppe de 55 000 euros par an à destination des acteurs locaux (association, clubs) qui auraient besoin de sponsors.