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Tertiaire supérieur : la région Hauts-de-France veut prendre place parmi les leaders
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Tertiaire supérieur : la région Hauts-de-France veut prendre place parmi les leaders

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Portée par une étude mettant en lumière une hausse de 26 % des emplois tertiaires supérieurs (métiers du service à haute valeur ajoutée) en dix ans, la région Hauts-de-France entend accélérer. Avec plus de 121 000 emplois, elle se classe au 5ᵉ rang national, hors île de France. La CCI régionale et l’association Les Places Tertiaires portent un objectif ambitieux : créer 12 500 emplois supplémentaires en cinq ans afin de rejoindre le peloton de tête.

Philippe Hourdain, président de la CCI Hauts-de-France, Antoine Leduc, président de l’association Les Places Tertiaires, Grégory Stanislawski, directeur des études de la CCI et Nicolas Sarosdi, DG des Places Tertiaires — Photo : Jonathan Blanchet

Le tertiaire supérieur, qui regroupe les métiers de services à haute valeur ajoutée (conseil, finance, ingénierie, informatique, droit...), compte 121 500 emplois en Hauts-de-France. Un volume qui a progressé de 26 % en dix ans. C’est ce que révèle une enquête menée entre 2024 et 2025 par le service études de la CCI régionale pour le compte de l’association Les Places Tertiaires, qui fédère les acteurs de la filière. Dans une région historiquement marquée par l’industrie automobile, "le tertiaire supérieur représente cinq fois plus de salariés et davantage que les industries agroalimentaires et la métallurgie réunies", souligne Antoine Leduc, président des Places Tertiaires.

Au cinquième rang français

Ce bilan place les Hauts-de-France au cinquième rang des régions françaises hors Île-de-France, derrière l’Auvergne Rhône-Alpes (272 500 emplois), l’Occitanie (environ 178 700), Provence-Alpes-Côte d'Azur (150 300) et la Nouvelle-Aquitaine (plus de 125 000). Un classement qui incite les représentants du monde économique régional à vouloir combler l’écart avec les premiers. "Il ne s’agit plus seulement de mettre ces professions en lumière, mais désormais d’accélérer", estime Antoine Leduc, qui s’est fixé comme objectif de créer 12 500 emplois supplémentaires en cinq ans. Ce gain représenterait une croissance moyenne annuelle de 4,5 %, contre 2,3 % sur les cinq années précédentes.

La métropole lilloise n’a plus le monopole

Pour atteindre cet objectif, le réseau consulaire et l’association ont défini un plan d’action. Les commanditaires de l’étude entendent notamment s’appuyer davantage sur les territoires. "À une époque, le tertiaire supérieur était essentiellement basé à Lille. Aujourd’hui, la métropole lilloise ne représente plus que 57 % de la filière", souligne Philippe Hourdain, président de la CCI Hauts-de-France.

L’étude met en évidence la montée en puissance de plusieurs agglomérations, comme Amiens, Dunkerque, Arras ou Valenciennes. "Des territoires comme Dunkerque sont en plein boom. Les décideurs auront besoin de prestataires. Nous pouvons aller y sensibiliser les donneurs d’ordres", projette Antoine Leduc. À ce jour, 69 % des entreprises régionales font appel à des prestataires du tertiaire supérieur, selon l’enquête consulaire.

Un plan d’action de deux ans

Pour élargir encore ce recours, L’association Les Places Tertiaires — dont les adhérents restent majoritairement implantés dans la métropole lilloise — prévoit de nommer des ambassadeurs dans les territoires et d’y organiser plusieurs événements. "Cette étude et ses préconisations constituent notre plan d’action pour les deux années à venir", affirme son président.

L’association milite également pour des réponses communes aux appels d’offres, dans un secteur très fragmenté : 76 % des entreprises n’emploient aucun salarié et seulement 2 % comptent plus de 20 collaborateurs, pour un total de 1 005 établissements. "Dans ce contexte, c’est indispensable pour faire concurrence à d’autres régions, et notamment à Paris", conclut Antoine Leduc.

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