Marc Girard, président de Dunkerque LNG, qualifie son chantier d'«exemplaire», tant sur le planning que sur la prévision et le suivi des travaux.
Plus d'un milliard d'euros
Un an après la décision de construction du terminal méthanier de Dunkerque, sur la commune de Loon-Plage, les premières fondations commencent à sortir du sol. Avec une idée précise du montant de la facture: un milliard d'euros pour le seul terminal. A cela s'ajouteront 150 millions pour le chantier portuaire porté par le Grand Port maritime et 80millions pour le raccordement du terminal à la station de compression de Pitgam, dont GRTgaz et Fluxys sont les maîtres d'ouvrage. Pour le moment, pas d'ombre au tableau sur le chantier. Hormis «quelques écarts de formalisme», précise Marc Girard, le planning est respecté. Les quatre phases prévues pour 2012 - à savoir la construction des trois réservoirs de gaz naturel liquéfié (GNL), les bâtiments, le process gaz et le tunnel - sont dans les temps. Certaines zones ont même été livrées avec de l'avance. Niveau sécurité, depuis mai 2011, quatre accidents présentés comme «sans gravité» ont été déplorés. La capacité annuelle d'accueil de 13milliards de m³ de gaz est confirmée. Cette énergie devrait être distribuée aux réseaux français et belge, mais aussi ailleurs en Europe. «100km de gazoduc vont nous permettre d'arriver à proximité de Zeebrugge. Mais EDF est aussi présent en Angleterre, ce pays est un client potentiel. Idem pour le sud de l'Allemagne et les Pays-Bas. En France, par contre, il y a peu de transit, c'est plutôt un marché de destination», commente Marc Girard.
Premières retombées locales
Si la mise en service industrielle et commerciale est programmée pour fin 2015 et qu'il est déjà prévu une augmentation de «7% du trafic portuaire», des retombées se font déjà ressentir sur le territoire. «Avec le port, nous comptabilisons 450salariés sur le site; 80entreprises sont présentes et 88% des marchés sont attribués à des entreprises régionales.» Des recrutements qui ont surtout profité à Bonatti SpA et à Sodraco. La première, entreprise italienne basée dans le Nord, est chargée de la pose du premier tronçon qui relie Pitgam (59) à Nédon (62) sur 51 kilomètres. Elle fait partie du chantier des Hauts de France qui consiste à poser une canalisation de transport haute pression de gaz naturel entre Loon-Plage et Cuvilly (Oise) sur une longueur totale de 191 kilomètres. Sodraco, elle, est une société belge contractant du Grand port maritime de Dunkerque pour les travaux de terrassement sur le site du Clipon, à Loon-Plage. «Mais au-delà, une réelle dynamique a été créée. Les personnes embauchées aujourd'hui sur le terminal pourront être recrutées ailleurs sur le port ou dans les entreprises alentours. Ils ont été formés à des compétences reconnues et facilement redéployables.» Rappelons néanmoins que LNG s'était engagé à la présence sur le chantier de 1.200 personnes, en période de pointe.
Virginie Wojtkowski
À Loon-Plage, les travaux titanesques du deuxième plus important chantier industriel de France, à un milliard d'euros, vont bon train. Visite du site.