Télévision locale : L'appel à candidatures du CSA
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Télévision locale : L'appel à candidatures du CSA

L'appel à candidature lancé par le CSA pour une télévision locale sur la région de Rouen voit s'affronter deux candidats: Normandie TV et l'agence Biplan.

Suite à la consultation publique ouverte le 3juin 2009, afin de mettre en place une télévision locale en Haute-Normandie sur la zone Rouen-Neufchâtel-en-Bray, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) vient de lancer un appel à candidatures. Sur les rangs pour y répondre, deux candidats: Normandie TV, originaire de Basse-Normandie et l'agence Biplan, basée à Rouen. Deux projets qui ne disposent pas tout à fait des mêmes armes pour s'affronter, puisque Normandie TV diffuse déjà des émissions sur le câble, le satellite et la TNT, alors que Biplan n'a pas encore ces accès. Des projets qui s'opposent aussi sur le mode de financement. Représentant du groupe constitué par Biplan pour mener le projet de télévision locale «composé de professionnels du métier comme Emmanuel des Moutis, ancien patron des chaînes du groupe Hersant», Éric Terrier, préconise pour sa part un mode de financement mixte pour la future télévision locale: «Il faut notamment intégrer dans le mode de financement des fonds publics. C'est le modèle qui se développe en France. Sans ce financement mixte, il n'est pas possible de faire de la qualité et donc il n'y aura pas d'audience». Un point de vue que ne partage pas William de Stoppeleire, directeur de Normandie TV, qui prône, lui, «un fonctionnement classique de média presse. Par expérience, je me méfie de l'engagement des collectivités locales qui de toute façon ne peuvent s'engager dans la durée. Nous, nous travaillons avec de la publicité et des prestations». Cependant, tous les deux sont d'accord sur un budget de fonctionnement de 1,5M€.




Une question de légitimité?

Point d'importance au moment du choix du CSA, quel candidat pourra le mieux répondre aux besoins des téléspectateurs. Sur cette question, les deux candidats ont des avis tranchés l'un sur l'autre. Si Éric Terrier concède que son concurrent a pris une certaine avance en terme de placement sur les réseaux existants, il estime que celui-ci est peu présent en Haute-Normandie: «Normandie TV réalise essentiellement des émissions sur la Basse-Normandie, lieu d'implantation de l'entreprise. De plus aujourd'hui, ses audiences ne sont pas si significatives que cela. L'enjeu ici est stratégique pour la Haute-Normandie, si on ne se mobilise pas, cela veut dire que le futur siège médiatique de la Haute-Normandie sera à Caen! Je suis plus Haut-normand compatible que mon confrère!» Et sur la qualité des programmes, Éric Terrier n'a pas de doute quand à ses capacités: «J'ai du respect pour nos concurrents, mais nos productions réalisées depuis vingt ans, pour France 3 et des magazines comme Thalassa, prouvent largement qu'au niveau qualité de production je n'ai pas à rougir». L'argument de la proximité, William de Stoppeleire le réfute, précisant qu'il est depuis plusieurs années implanté en Haute-Normandie: «Normandie TV existe déjà en Haute-Normandie et nous espérons que le CSA retiendra notre offre comme complémentaire de la Basse-Normandie. Aujourd'hui, la seule télévision existante en Haute-Normandie c'est nous! Nous diffusons sur des supports numériques ou hertziens et non pas sur une web TV! Nous avons vingt ans d'expérience dans la diffusion et sommes présents en 76 avec le câble sur quatre villes depuis cinq ans. Et puis, nous avons des locaux à Rouen avec des équipes locales à Rouen et auHavre. Nous sommes impliqués dans la vie locale, ce ne sont pas des gens de Caen qui feront de la télé à Rouen». Première étape vers la décision du CSA: le 14mai prochain, date de remise des dossiers de candidatures.



Sébastien Colle

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