Synov veut doubler son chiffre d’affaires d’ici 2030
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Synov veut doubler son chiffre d’affaires d’ici 2030

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En 2025, Synov accélère sa stratégie de croissance externe avec trois acquisitions successives en France et en Italie, dont Prima Electro, sa plus importante opération à ce jour. Une offensive qui propulse le spécialiste lyonnais des solutions innovantes d'électronique BtoB à 160 millions d’euros de chiffre d’affaires et renforce son ancrage sur des marchés souverains en Europe.

Alix Joseph, directeur commercial et marketing du groupe Synov — Photo : Synov

Jamais deux sans trois. Après avoir fait l’acquisition du rhodanien Arcom (52 salariés) dédié à la gestion électronique du bâtiment et de l’éclairage public en mai, Synov, le spécialiste lyonnais de la carte électronique BtoB sur mesure reprend coup sur coup la PME francilienne ATLS (16 salariés) spécialisée dans les systèmes de sécurité électronique, et l’italienne Prima Electro implanté à Turin.

Trois acquisitions en 2025

Cette dernière conçoit et fabrique des systèmes électroniques de puissance et de contrôle pour l’automatisation industrielle, les transports (notamment ferroviaires) et l’énergie. " Il s’agit de la plus grosse acquisition de l’histoire du groupe et la première dans un pays étranger", déclare Alix Joseph, directeur commercial et marketing du groupe Synov. Dans la corbeille de la mariée, deux sites industriels à Turin et un troisième en Chine (10 salariés) pour l’assemblage d’un produit pour un unique client.

Au passage, le chiffre d’affaires du groupe dirigé par Nordine Mazari a bondi, passant de 115 millions d’euros en 2024 à 160 millions d’euros en 2025, avec 9 sites industriels en France, un en Italie, un en Tunisie (250 salariés) et un dans la banlieue de Shanghaï, pour un total d’environ 1 000 salariés.

Souveraineté européenne

Un bel appétit dans un contexte où la part de l’Europe dans la production mondiale d’électronique se contracte, tandis que les segments stratégiques comme les composants électroniques, les PCB (circuits imprimés) ou l’électronique industrielle sont essentiellement maîtrisés par des acteurs extra-européens.

Qu’importe, Synov veut inverser la tendance. D’abord en continuant d’investir dans ses sites à hauteur de 2 millions d’euros en 2026. Mais surtout, en augmentant sa taille. "Nous avons pour objectif de mener une forte croissance externe, pour atteindre 300 millions de chiffre d’affaires en 2030. Notre modèle est celui d’une ETI composée de PME agiles et réactives ", poursuit Alix Joseph chargé de créer des synergies entre les sites, une coopération stratégique entre les entreprises du groupe qui ira, cela va sans dire, au-delà des économies d'échelle sur la R&D, les achats et l'administratif.

Créer des synergies

Ainsi, ATLS (16 salariés) à Saint-Ouen-l’Aumône (Val d'Oise), intégré dans le groupe depuis le 20 octobre conçoit et fabrique des passerelles de communication pour la sécurité (sirènes d'alarmes incendie et alertes sonores). " Une expertise qui va nous permettre d’adresser de nouveaux marchés comme celui des ascenseurs reliés à des centres de télésurveillance ", déroule-t-il. Des synergies industrielles pourraient voir le jour dans le groupe, avec une fabrication des cartes en France, versus le recours à de la sous-traitance au Portugal jusqu’à présent. "On va chercher à diminuer leurs coûts de production en revoyant la conception des cartes. Ce qui nous permettra de les fabriquer avec des procédés plus automatisés. Les coûts de transport seront aussi réduits grâce à une production locale", poursuit Alix Joseph.

Capacité industrielle

Tandis qu’avec le rhodanien Arcom, spécialiste de la gestion électronique du bâtiment et de l’éclairage public, la synergie sera double, avec d’un côté un accès au marché des collectivités locales et des promoteurs immobiliers pour Synov et de l’autre, un renforcement de la PME grâce à l’appartenance à un groupe, une situation qui "rassure" ses clients. " Ils avaient besoin de s’adosser à un groupe pour se développer et nous pouvons leur apporter de la capacité industrielle par de la sous-traitance notamment auprès de notre site Constructions Electriques RV au Puy-en-Velay", commente Alix Joseph.

L’italien Prima Electro, lui, est bien positionné sur le très dynamique marché des grands donneurs d’ordre de la Défense et de l’aéronautique, comme Leonardo, Beretta et Avio. " Il faut être local pour adresser ces grands groupes", assure-t-il. L’opération, dont le montant n’a pas été dévoilé, permet à Synov de s’implanter sur un marché européen jugé prioritaire.

Par ailleurs, " Prima Electro nous apporte une expertise dans l’électronique de très grande puissance pour le stockage de l’énergie, la Défense et le ferroviaire. Ce qui va nous aider à adresser de nouveaux marchés en France", déroule Alix Joseph.

Fondée en 1978, Prima Electro emploie 170 personnes réparties sur trois sites, dont deux en Italie et un en Chine. L'entreprise dispose d’un bureau d’études de 35 ingénieurs, un atout pour renforcer l’expertise de Synov dans les systèmes embarqués et critiques.

Le soutien du fonds Sagard

Soutenu par le fonds Sagard MidCap actionnaire majoritaire depuis 2023, Synov regroupe désormais treize entités et associe électronique, logiciel embarqué et conception sur mesure pour des marchés allant de la santé à la Défense. " Nous concevons des produits électroniques en BtoB et en marque propre pour la GTB (Gestion Technique du Bâtiment) et la sécurité ". Une palette d’expertise destinée à s’enrichir avec de nouvelles acquisitions.

" Nous voulons intégrer de 2 à 3 entreprises rentables par an jusqu’en 2030. Nous recherchons activement en Allemagne, Espagne, Italie et au Royaume-Uni ", ajoute-t-il. L’idée est de cibler des secteurs souverains qui porteront la croissance : Défense, transport aérien et ferroviaire, médical, énergie et agriculture.

Développer une expertise en R & D

" En travaillant pour différents secteurs, nous diversifions les risques", poursuit Alix Joseph. Mais dans chaque filière, Synov veut intégrer la conception des produits qu’il fabriquera pour ses clients afin de "bénéficier d’un effet d’expérience au fil du temps ". Ainsi, en collaborant avec ses clients dès la définition du besoin, le groupe crée plus de valeur pour eux… et pour lui.

Un beau bout de chemin parcouru pour RV Construction Électrique (CERV) créé près du Puy-en-Velay à Saint-Germain-Laprade (Haute-Loire) en 1949, alors spécialiste des allumeurs pour cuisinières pros et de l’électronique pour les fours.

Reste à retrouver le chemin de la croissance organique, après 3 années en dents de scie en raison d’une pénurie de composants qui a perturbé la production industrielle en 2022-2023. S’en est suivi un effet de surstockage en 2024-2025 chez les clients, qui a entraîné une stabilisation des ventes. "Mais nous avons ressenti un retour à la normale à compter du dernier trimestre 2025", fait-il observer. Synov vise une croissance groupe de 5 % en 2026.

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