Riche de 14 sites industriels à travers le monde, le réseau productif de Sterimed (1 500 salariés, CA 2025 : 300 M€), fabricant d’emballages stériles pour dispositifs médicaux, comptera bientôt une nouvelle implantation. Le groupe basé à Amélie-les-Bains-Palalda (Pyrénées-Orientales) lance le chantier d’une usine au Costa Rica. Il disposait déjà sur place d’un site dédié à la distribution de ses produits dans le milieu hospitalier, mais ce nouvel investissement, qui se montera à 2 ou 3 millions d’euros, lui permettra de regrouper les deux activités au même endroit.
Une niche industrielle à investir
Dans le sous-continent sud-américain, où Sterimed affiche 9 implantations (production et distribution confondues) à ce jour, le Costa Rica recèle un potentiel de croissance important pour le groupe. Ce pays a fait de la santé une priorité stratégique de longue date, investissant dans la création de zones franches et de zones d’activités dédiées afin d’attirer des entreprises étrangères, notamment venues des États-Unis voisins, issues de nombreuses filières (dispositifs médicaux, pharmaceutique, services hospitaliers, etc.).
"L’implantation de ces entreprises amène leurs prestataires et leurs fournisseurs à s’installer près d’elles. Depuis 15 ans, un certain nombre de partenaires issus du packaging ont franchi le pas pour leur fournir des emballages rigides, de type blisters ou opercules. Mais aucun d’entre eux ne dispose de capacité de production pour des emballages flexibles (gaines, sacs ou sachets de stérilisation, NDLR). Nous serons le premier acteur de la filière à investir pour cela au Costa Rica", resitue Thibaut Hyvernat, PDG de Sterimed.
Des gammes de services à déployer
Livrable en fin d’année 2026, la future usine verra l’embauche de 20 à 30 collaborateurs au démarrage. Comme à son habitude, Sterimed importera des matières premières (papier stérile, plastique) et investira sur un parc machines pour faire la transformation finale : fabrication de gaines, impressions, couchage… "En fonction des opportunités de business développement, nous investirons sur d’autres machines pour proposer de nouveaux services. Mais pour l’heure, notre priorité est de servir nos clients présents sur place, américains notamment", souligne le dirigeant.
Une nouvelle structure financière
La construction de cette usine prolonge un effort d’investissements soutenu sur 2025, année où le groupe a notamment lancé le plus grand chantier industriel de son histoire en Chine, et a augmenté la surface de son usine de Westfield (Angleterre).
En parallèle, il prévoit de réactiver en 2026 un autre axe de croissance, en sommeil l’an passé, à travers l’acquisition d’entreprises. Pour cela, Sterimed a remanié son tour de table en 2025, voyant Thibaut Hyvernat et les autres managers redevenir majoritaires au capital (à 42 %).
"Nous n’avons plus d’actionnaires de contrôle. Cela ne change rien au quotidien – nous avons toujours un conseil d’administration –, mais nous avons pu faire venir des investisseurs plus puissants que le précédent actionnaire. En mobilisant des moyens financiers plus importants, nous prévoyons de reprendre un rythme d’une à deux acquisitions par an", explique le PDG.
Le moteur de la croissance externe
Sterimed conçoit sa stratégie de croissance externe autour de plusieurs motifs possibles : accès à une nouvelle base clients, acquisition de nouvelles technologies, ou couverture géographique. Les investissements au Costa Rica et dans le reste du monde le prouvent, l’objectif géographique est déjà presque totalement atteint. "Nous allons rechercher en priorité des compléments à nos gammes de produits et services, pour faire de la synergie commerciale entre nos filiales", se projette Thibaut Hyvernat.