Les efforts de son dirigeant, Thibault Elchinger (ayant rejoint son père à la tête de l’entreprise en 2006) pour développer la gamme de produits – de l’alsacien au contemporain – et le réseau commercial hors de France, n’auront pas suffi à sauver l’entreprise familiale bicentenaire. Les Céramiques Elchinger, à Soufflenheim, ont fermé leurs portes fin juin.
« Nous avons réussi à développer notre réseau commercial en Europe pour palier à l’affaiblissement de celui-ci en France notamment par le biais d’internet avec la création et la gestion de deux sites de ventes en ligne. Ensuite nous nous sommes développés sur le marché asiatique. Nous avons exporté jusqu’à 40 % de notre CA vers la Corée du Sud, le Japon et la Chine entre autres », témoigne Thibault Elchinger, dans un communiqué relayé sur la page Facebook de l’entreprise. « L’export entraînant un coût très important pour une petite structure comme la nôtre nous avons dû ralentir nos investissements en 2015 et cela s'est directement traduit par une chute abyssale des ventes », explique-t-il. Le choix de l’entreprise d’externaliser 10% de la production à des partenaires en Europe de l’Est n’a pas permis de contrebalancer les pertes.
Perte de compétitivité
Le made in France est aujourd’hui perçu comme trop cher, analyse encore le dirigeant : « La concurrence internationale, qu'elle soit fiscale ou salariale, a sérieusement fragilisé notre performance sur un marché saturé par l'offre des pays étrangers, mais plus encore les normes environnementales et autres réglementations de mise en conformité qui ont alourdi nos charges par des investissements non-productifs. Notre compétitivité en a été affectée, entraînant la perte de nombreux marchés car nos coûts de production s’avéraient trop élevés sur un marché en déclin ».
Les Céramiques Elchinger annonçait en 2014 un chiffre d’affaires de 358.105€ et n’employait plus au moment de sa fermeture que 3 personnes, contre 80 dans les années 1970.