Depuis 2021, Soteria Lab connaît de "belles croissances", résume Clément Joliot, co-fondateur et dirigeant de la société nancéienne opérant dans la cybersécurité. "50 % de croissance en 2021, 110 % en 2022 et près de 50 % en 2023, ce qui nous a amenés près du demi-million d’euros d’activité". Mais à partir de 2025, l’entreprise veut aller "beaucoup plus loin", grâce à une nouvelle solution, baptisée Hoplite, développée pour répondre aux besoins des TPE et des PME.
Pour lancer le déploiement, Soteria Lab vient de boucler une levée de fonds pour un total de 800 000 €, en fonds propres avec Yeast, le réseau de business angels du Grand Est et le Groupe ILP, un fonds d’investissement régional, investisseurs épaulés par Bpifrance. À l’issue de l’opération, les deux fondateurs, Clément Joliot et Pierre Veutin, restent majoritaires.
Un marché "obscur" pour les non-spécialistes
Acteur reconnu dans le domaine de la cybersécurité dans le Grand Est, fondée en 2014, Soteria Lab s’appuie sur une équipe de 14 personnes pour proposer une gamme de services : audits techniques et organisationnels, test d’intrusion, formation ou encore réponse à incident. Mais face à un marché "obscur" pour les non-spécialistes, dominé par des solutions techniques complexes, Clément Joliot et son associé Pierre Veutin, ont identifié une opportunité : celle de rendre la cybersécurité accessible aux TPE-PME.
Une approche globale de la cybersécurité
"Le constat, c’est que l’offre dans la cybersécurité est très morcelée. Les grands groupes, les grosses entreprises ou les grandes collectivités arrivent à se protéger car ils disposent de la compétence technique en interne. Par contre, pour les TPE et les PME, tout cela reste obscur. Quand nous leur parlons de solutions techniques alors que ce qui leur importe c’est le business, ça ne convient pas", déplore le dirigeant. Pour répondre à ce besoin, l’équipe de Soteria Lab a planché près d’un an sur Hoplite, une offre pensée spécifiquement pour les entreprises de 10 à 200 salariés. Avec un objectif : proposer une approche globale de la cybersécurité, intégrant gouvernance, protection, détection d’incident, réponse à incident et sensibilisation.
Un SOC mis au service des petites entreprises
"Notre but n’est pas de venir empiéter sur le travail des intégrateurs, des infogéreurs, précise Clément Joliot. Notre objectif, c’est de venir en complément. Ils font leur travail et nous apportons la brique sécurité." L’entreprise, qui travaille déjà avec des collectivités, des entreprises du secteur de l’IT et quelques "grosses" structures, va utiliser les fonds levés pour structurer ses équipes commerciale et technique afin de déployer Hoplite à grande échelle. L’entreprise a notamment pour objectif de finaliser le développement de son Security Operations Center, ou SOC, une plateforme permettant la supervision et l’administration de la sécurité d’un système d’information. À terme, quatre personnes seront dédiées au fonctionnement de ce SOC, outil normalement réservé aux grosses structures. "Sans la levée de fonds, nous n’aurions pas pu monter rapidement une équipe capable d’assurer le service correctement", reconnaît Clément Joliot.
Pas de problème pour recruter
L’entreprise, qui a embauché en moyenne une personne par mois depuis le début de l’année, a commencé l’année avec un effectif de 8 personnes et aborde l’été avec 14 salariés. "Pour le moment, nous avons plutôt de la chance, parce que l’entreprise est plutôt attirante sur le secteur. Le bouche-à-oreille, les connaissances, le réseau et le fait qu’on ait une certaine notoriété dans le domaine de la cybersécurité dans le Grand Est, tout cela nous aide à recruter. Et jusqu’à présent, nous n’avons eu aucun souci pour recruter", se réjouit Clément Joliot.