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"Les PME doivent s’emparer de l’IA pour ne pas la subir"
Brest # Intelligence artificielle # PME

"Les PME doivent s’emparer de l’IA pour ne pas la subir"

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Cyril de Sousa Cardoso a racheté en 2021 le cabinet de conseil brestois Polaria (ex-Audalom), spécialisé dans les robots conversationnels (les chatbots), et l’accompagnement à la transformation numérique des organisations. Il explique comment cette activité en plein essor lui a permis de multiplier son chiffre d’affaires par trois en seulement un an, dans un secteur bousculé comme tant d’autres par la révolution engendrée par l’IA.

Cyril de Sousa Cardoso a repris Polaria en 2021 avec un associé — Photo : Jean-Marc Le Droff

Quelle est votre activité ?

Nous proposons des solutions de chatbot sur étagère, à savoir des programmes informatiques qui reproduisent une conversation humaine et font gagner un temps précieux aux organisations qui les utilisent. Nous travaillons pour des structures publiques comme la CNAM et la Gendarmerie Nationale, ainsi que pour des entreprises privées et des ESN telles que Groupama, Sopra Steria et le groupe Izimmo. Nous avons développé trois produits principaux : Le Petit Martin, un chatbot pour les ressources humaines ; La Petite Marianne, un chatbot citoyen ; et Ogma, notre solution pour l’exploration avancée de documents, la génération de contenu, et l’aide à la prise de décision. En parallèle, nous avons développé une offre de formation, de conseil stratégique et d’accompagnement à la transformation, notamment par l’IA, qui représente environ 50 % de notre chiffre d’affaires.

Où en êtes-vous dans le développement de Polaria ?

Nous employons onze salariés à Brest et Paris et collaborons avec une quinzaine de consultants experts. Notre chiffre d’affaires devrait atteindre 1,5 million d’euros cette année, soit le triple de l’année dernière. La demande pour des systèmes de management de la connaissance est telle que pour être en mesure d’y répondre, nous envisageons un rapprochement ou une levée de fonds d’ici la fin de l’année.

En quoi l’arrivée de l’IA générative bouleverse-t-elle votre secteur d’activité ?

Jusqu’à présent, les chatbots utilisaient des bases de connaissances relativement limitées mais qui permettaient déjà aux organisations de gagner un temps considérable en automatisant certaines réponses aux questions de leurs clients. Désormais, on voit arriver la vague des chatbots véritablement intelligents, car ils utilisent l’IA générative. L’association de l’IA et du No Code offre elle aussi d’immenses perspectives pour les PME, en leur offrant des capacités internes d’automatisation pour améliorer leur productivité.

Quels impacts de l’IA anticipez-vous en Bretagne ces prochaines années ?

L’IA pourrait générer entre 11 et 20 milliards d’euros de PIB et remplacer jusqu’à 300 000 emplois en Bretagne dans les dix prochaines années. La Bretagne peut considérablement augmenter ses avantages compétitifs actuels en combinant l’IA avec ses secteurs d’excellence tels que l’agroalimentaire, les EMR, la défense ou encore la cybersécurité. C’est la raison pour laquelle nous voulons former un maximum de personnes à l’IA, que nous participons à de nombreuses conférences et tables rondes sur le sujet, que nous avons publié plusieurs ouvrages pour le démocratiser… Et que nous avons participé à la création de la chaire Manag’IA de l’Isen, à Brest, qui étudie l’impact de l’IA sur les organisations. Les chefs d’entreprise ne peuvent pas ignorer la révolution en cours. Selon moi, les organisations qui se transformeront le plus rapidement seront celles qui commencent par un seul sujet, mais un sujet important qu’elles vont traiter par l’IA. Le chantier est très vaste, et il faut qu’on soit le plus nombreux possible à s’en emparer pour pouvoir la choisir et non pas la subir."

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