« Notre stratégie produits dans le spatial est bien enclenchée. La même stratégie dans l'aéronautique a également bien démarré dans la mise en place de compétences mais pas encore dans celle d'une production suffisante », confie Bruno Bonduelle. Depuis qu'il est arrivé à la tête de Soterem en 2000, cet ingénieur de recherche, ancien du CNRS, a fait entrer la PME de Castanet-Tolosan dans une nouvelle ère. Créée en 1975, Soterem, « une émanation de Ruggieri », a pris son essor sur le secteur du nucléaire à travers des machines spéciales et des instrumentations.
Un rachat qui a servi de catalyseur
Mais des relais de croissance sont devenus nécessaires pour assurer la rentabilité continue de l'entreprise. Le rachat de Soterem par le groupe Neuvessel en 2001, très impliqué dans les activités aéronautiques, a constitué en ce sens un véritable catalyseur. « La société francilienne Sermat qui appartient au même groupe, spécialisée dans les petits moteurs et mécanismes aéronautiques, nous a aidés à nous réorienter sur l'électromécanisme. Je voulais aussi développer des produits pour le secteur spatial », précise le directeur général. Un pari en parti gagné : en 2014, Soterem a réalisé 8,5 millions d'euros de chiffre d'affaires, avec un résultat net de 570.000 euros. Le spatial compte pour 55 %, l'aéronautique pour 34,3 %, le nucléaire 6,5 %.
Côté spatial, alors que Soterem est depuis des années très impliquée dans plusieurs projets (four spatial de la station spatiale internationale (ISS), assemblage de microsatellites au Cnes, projet de régénération d'air dans l'ISS pour Airbus Defence & Space), l'entreprise a pénétré le monde des satellites en développant des moteurs électriques, mais aussi d'autres produits comme un moteur à balai hermétique de déploiement de panneaux solaires sur satellites (pour Thales Alenia Space), des freins électromagnétiques, un écrou séparateur électrique, etc. « Notre objectif ? Avec notre petit catalogue de produits, concurrencer les sociétés américaines, qui sont les principaux fournisseurs des Européens. »
Actionneurs pour l'aéronautique et la défense
Même stratégie dans l'aéronautique et la défense, portée par un bureau d'études dédié, transversal au groupe Neuvessel, implanté dans les locaux de Soterem. « Nous commençons à réaliser de l'assemblage, des essais et des petites séries. Par exemple, nous livrons à Nexter Systems de petits mécanismes embarqués sur véhicules blindés ou armes. » Ainsi que des pièces pour Dassault et Airbus Helicopters. Pour Bruno Bonduelle, le progrès de la PME depuis son rachat est évident mais son positionnement dans l'aéronautique et la défense, pas assez ancré. Ce qu'il faudrait ? « Une vraie ligne de production dans nos murs, sur ces mécanismes actionneurs embarqués. Nous avons de la place : sur notre site de 2.500 m², nous envisageons une extension de 1.000 m² pour installer cette ligne. » Une manière de pérenniser encore plus l'entreprise. Car si l'implication dans des projets est « techniquement intéressante, cela est très dangereux pour l'entreprise car c'est unitaire.»
Soterem
(Castanet-Tolosan)
Directeur général : Bruno Bonduelle
50 salariés
8,5 M€ de CA en 2014
www.soterem.fr
Forte de 40 ans d'expérience dans l'intégration et les essais d'instrumentations et d'équipements, Soterem veut pérenniser son activité à travers des petites séries.