Dans le cadre de l'appel d'offres gouvernemental CRE3 (Commission de régulation de l'énergie), Dalkia et Solvay ont déposé cet été un dossier pour la construction à Dombasle d'une unité de cogénération. Il s'agit de produire simultanément de la chaleur et de l'électricité. L'industriel serait prêt à investir 70 à 80millions d'euros dans une chaudière à biomasse qui assurerait 20% des besoins en vapeur d'eau de l'usine. En outre, l'électricité produite par l'installation serait revendue sur le marché à un prix garanti pendant vingt ans. L'État devrait donner sa réponse au courant du premier semestre 2010. Cette chaudière serait principalement alimentée à partir du bois issu des forêts lorraines. «Notre process étant particulièrement énergétivore, notre combat pour augmenter l'efficacité énergétique de notre site date déjà d'une trentaine d'années», détaille Patrick Sivry, directeur de l'usine de Dombasle.
«Créer un cadre réglementaire»
Ainsi, en 1999, Solvay avait déjà investi en partenariat avec Elyo dans une installation de cogénération fonctionnant au gaz: «La vente de l'électricité nous a permis d'abaisser le coût de la vapeur produite à partir de gaz. Nous bénéficions d'un prix de rachat garanti sur douze ans. Or, ce système touche à son terme en 2011. Nous regrettons que le gouvernement ne se bouge pas davantage pour créer un cadre réglementaire qui permette d'aller au-delà de cette période. Car ces installations seront probablement démontées et revendues», remarque le responsable du site. La cogénération à partir d'une ressource renouvelable, la biomasse, a un avantage par rapport au gaz. Elle pourrait contribuer à réduire les émissions de CO2 du producteur de carbonate de soude et de bicarbonate. En effet, en 2008, Solvay a dépassé de 40.000tonnes son autorisation annuelle d'émission de CO2 fixée à 427.000 tonnes par an pour la période 2008-2012. «Racheter ces tonnes de CO2 sur le marché européen a coûté entre 700 et 800.000euros au groupe Solvay», détaille Patrick Sivry. Un chiffre qui correspondrait à environ 10% des marges du chimiste sur son site lorrain. «Le marché de la soude est un marché mondial aujourd'hui. Nos concurrents se trouvent en Europe, mais également au-delà du périmètre des accords de Kyoto. On trouve de la soude turque, chinoise, américaine, etc. Or dans notre secteur ce qui compte c'est le prix, car il n'existe pas d'écarts de qualité significatifs.»
Solvay et Dalkia ont déposé un dossier pour la construction d'une unité de cogénération à partir de biomasse à Dombasle-sur-Meurthe. Une technologie à haut rendement qui repose sur un prix de rachat de l'électricité garanti.