Maine-et-Loire
L’Anjou table sur une autonomie en gaz pour 2050
Maine-et-Loire # Production et distribution d'énergie # Aménagement du territoire

L’Anjou table sur une autonomie en gaz pour 2050

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Le Maine-et-Loire prévoit de produire en 2050 la totalité du gaz qui sera consommé dans le département. Un objectif qui passera par le développement de la méthanisation et une baisse de la consommation estimée à 30 % de ce qu’elle est actuellement.

Stève Clavier, directeur de la transition écologique d’Angers Loire Métropole, Quentin de Brémond d’Ars et Nadine Lucas, délégués territoriaux de GRDF, et Jean-Luc Davy, président du SIEML, le Syndicat intercommunal d’énergies de Maine-et-Loire — Photo : Olivier Hamard

En Anjou, on n’a pas de pétrole, mais on a du gaz ! Pour le moins, on en aura, puisqu’à l’horizon 2050, l’objectif est de couvrir grâce à la production sur le territoire la totalité des besoins en gaz des entreprises, des particuliers et de l’énergie liée à la mobilité en biogaz. Pour réussir cet ambitieux projet, le SIEML, Syndicat intercommunal d’énergies de Maine-et-Loire et la communauté d’agglomération Angers Loire Métropole (ALM), qui a conservé dans ses attributions la compétence Énergie sur son territoire, travaillent de concert avec GRDF, le gestionnaire de distribution de gaz, avec qui ils ont renouvelé leur contrat de concession pour 30 ans.

Conforter le secteur agricole

Tous les trois visent une réduction de 60 % des émissions de gaz en 2030 dans le département et la neutralité carbone en 2050. À 80 %, ce gaz produit localement viendra de la méthanisation issue du monde agricole et pour le reste de la valorisation des biodéchets en biométhane, comme cela se pratique déjà dans l’agglomération angevine, avec l’usine de prétraitement de Moulinot, à Saint-Barthélemy-d’Anjou. "Encourager et accompagner les unités de méthanisation va aussi conforter le secteur agricole sur le territoire en générant pour les exploitants une source de revenu supplémentaire, explique Jean-Luc Davy, président du SIEML. De plus, le gaz produit localement a plusieurs avantages, permettant de diminuer l’empreinte carbone, d’assurer la souveraineté énergétique et de conserver la valeur sur le territoire."

Baisse de la consommation

Actuellement, 16 unités de méthanisation fonctionnent en Maine-et-Loire, couvrant 9 % de la consommation du département et 4 ouvriront cette année. 28 autres unités sont en cogénération, produisant à la fois de la chaleur et de l’électricité. En développant les unités de production gaz, le biométhane devrait couvrir 20 % de la consommation en 2030, puis sa totalité en 2050. Le réseau de distribution s’organise donc en conséquence : les unités de méthanisation peuvent maintenant y injecter le gaz produit, qui peut être stocké, ce qui n’était pas le cas auparavant et pouvait occasionner des pertes en cas de surproduction. En 2024, 30 kilomètres de nouveaux réseaux, pour une enveloppe de 3 millions d’euros, ont ainsi été réalisés à cet effet, et d’autres investissements sont prévus. "Pour parvenir à une autonomie en gaz dans le département, indique Quentin de Brémond d’Ars, directeur territorial Maine-et-Loire, Mayenne et Sarthe chez GRDF, il faudra réduire la consommation de 30 à 40 %, avec des changements d’habitude, des constructions moins énergivores et par la rénovation énergétique des bâtiments." Cette production de gaz made in Anjou devrait aussi servir la mobilité et les transports, comme c’est déjà le cas dans l’agglomération angevine où sur le réseau de transport en commun, une vingtaine de bus fonctionnent au biogaz. "À terme, il y en aura près de 50, indique Stève Clavier, directeur de la transition écologique d’ALM. Entre 2022 et 2034, 75 millions d’euros auront été investis dans le renouvellement de la flotte, avec des véhicules gaz et des véhicules électriques."

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