Autorisée depuis plusieurs années pour les employés du secteur privé comme du secteur public, la contre-visite médicale privée est en plein essor. «Les congés maladie abusifs ont un coût pour les entreprises, et créent de la désorganisation», argumente Jean-Richard Sanchez, gérant de Sogirec. Créée en 2005, cette société s'est d'abord spécialisée dans le recouvrement de créances avant d'ajouter en 2008 une corde à son arc, sous le nom de ?France Contrôle Médical?. «À présent cette activité représente 60% de notre chiffre d'affaires», commente son dirigeant. Mandatée par un employeur, France Contrôle Médical charge un médecin de son réseau national d'effectuer la contre-visite du salarié. Le rapport de ce contrôle est ensuite adressé à l'employeur dans le respect du secret médical. «Si l'arrêt est injustifié, l'employeur peut suspendre les indemnités qu'il verse au salarié en plus des indemnités journalières de la sécurité sociale», explique Jean-Richard Sanchez. La contre-visite est facturée 119euros au patron qui «s'y retrouve rapidement», d'après le responsable dracénois. Selon ses statistiques, 59% des congés maladie sont confirmés par la contre-visite, 32% ?invalidés? pour cause d'absence du salarié à son domicile, et 6% des contrôles concluent à un arrêt non justifié.
Conseils juridiques
Juriste de formation, Jean-Richard Sanchez veut se démarquer de la concurrence (une vingtaine d'entreprises) par les conseils juridiques apportés à ses clients: «Je m'assure tout d'abord que le contrôle n'est pas un moyen de harcèlement ou de pression sur le salarié. Puis j'accompagne le rapport du médecin de la jurisprudence qui justifie, s'il y a lieu, la suspension des indemnités». Le patron de France Contrôle Médical table sur une hausse de 20% de son chiffre d'affaires en 2009 par rapport à 2008, et de 20% pour l'année suivante. «Pour palier le déficit de l'assurance-maladie, la loi de finances de 2010 va nous renforcer», estime Jean-Richard Sanchez.
Depuis deux ans, Sogirec, petite entreprise de contrôle médical, tente de se faire une place dans le secteur, et annonce une croissance de 20% par an.