Il est peut-être le nouveau super-héros des enfants, portant des messages d’amour, de joie, de tolérance, contre un monde rempli de préjugés. C’est Smarty le rat, le « protecteur des enfants ». Créé par Nadia Katrib, il est un personnage inspiré d’une partie de l’enfance douloureuse de sa créatrice, qui vivait alors au Koweït. Née d’une mère française et d’un père syrien, sa famille a tout perdu lors de l’invasion irakienne. Elle avait 13 ans. Un choc qui la marque à jamais et qui l’oblige à trouver sa place dans un monde qu’elle trouve parfois injuste. Après des études de droit, Sciences Po, elle travaille dans la communication, en Alsace. Puis, elle quitte tout pour s’enfermer quelques années à créer Smarty.
Sauver les enfants et la planète
« J’ai choisi un rat, car c’est un animal que personne n’aime, et pourtant, il peut sauver des vies et protéger l’environnement, raconte Nadia Katrib. Mon idée de départ est d’en faire un personnage qui aiderait les autres. Pour cela, il montre aux enfants sa vision du monde, et qu’il faut aller au-delà des apparences et des préjugés.» Pour faire vivre Smarty, elle lui dessine une histoire, et veut en faire une peluche. Histoire de le toucher… Elle trouve Maïlou Tradition, à Châteaubourg, atelier de confection de doudous. « Les seuls à avoir été capables de me fabriquer Smarty comme je le voyais, du premier coup ! » Et dans le respect des valeurs qu’elle s’est fixées : entraide, respect de l’environnement… Une partie des peluches est aussi fabriquée au Sri Lanka, dans un atelier qui a ces mêmes valeurs.
Résultat, c’est à Rennes qu’elle décide d’installer son entreprise (labellisée Initiative Remarquable par Initiative France) il y a un an. Smarty le rat est distribué sur internet, mais aussi en librairies, magasins de jouets (elle vient de signer pour une distribution chez toutes les Grande Récré de France), marchés bio (Biocoop Rennes)…
Des ventes à l’international
En 2016, il s’est vendu 1000 peluches et 1000 livres. Objectif : atteindre le million d’euros de chiffre d’affaires dans deux ans (via 500 magasins), dont 20 à 30% à l’export. « Les livres sont traduits en japonais, allemand, anglais et bientôt espagnol », précise Nadia Katrib, qui vient de signer des contrats de distribution en Angleterre, Espagne, Italie, Pologne, Belgique et Danemark.
Une levée de fonds en cours
Pour aller plus loin, Smart le rat cherche à lever des fonds, entre 450 et 500 000 euros. « Nous devons constituer une équipe de commerciaux, internaliser le marketing, développer une stratégie digitale, etc, précise Patrick Urso, directeur des opérations. Nous allons aussi accélérer le développement des collections (d’autres personnages entourant Smarty), donc il y a une logistique à assurer ». Prochaine étape envisagée par Nadia Katrib : faire un dessin animé.