C'est une première mondiale. La technologie du palier magnétique de S2M (filiale de SKF) a permis la mise en place d'un système sous-marin de compression de gaz en mer profonde, testé au large de la Norvège en septembre dernier. Grâce au procédé mis en oeuvre par la société euroise, la compression de gaz peut désormais se faire en mer profonde. « C'est notre Apollo 11 de l'industrie du gaz », plaisante, avec fierté, le directeur général de S2M, Vincent Mégret, « l'accomplissement de cinq années de développement, de qualification et de tests intenses. Nous sommes très fiers d'avoir été associés à ce projet par la Compagnie pétrolière norvégienne Statoil, qui y a investi 2,1 milliards de dollars ».
La compression réalisée sur les têtes de puits
Traditionnellement, la compression de gaz se fait sur les plateformes. Mais pour ce projet situé à 200 km au large des côtes de la Norvège sur le champ gazier d'Asgard, l'entreprise Statoil a décidé de localiser le système directement au fond de la mer, au plus près des têtes de puits, soit à plus de 300 mètres de fond, afin d'optimiser la récupération du gaz : « cela permet d'exploiter 85 % des poches de gaz sous-marines et non plus 50 % comme actuellement », explique le directeur. Le palier magnétique mis au point par S2M est intégré à l'intérieur même du compresseur, prévenant ainsi les fuites de gaz : une technologie qui élimine les frottements et permet des vitesses de rotation supérieures. S2M a également conçu pour le projet un système de contrôle permettant la commande à distance des paliers magnétiques pour en faciliter les opérations quotidiennes et la maintenance.
Extraction jusqu'à 3.000 m de profondeur
Cinq années seront nécessaires avant que l'industrie du gaz n'ait un recul suffisant pour prendre de nouvelles décisions d'investissement en mer profonde. Mais l'enjeu est de taille lorsque l'on sait 40 % des réserves de gaz mondiales se trouvent en offshore profond, jusqu'à moins de 3.000 mètres sous l'eau. Une technologie qui sera indispensable, dans l'avenir, pour exploiter proprement les champs gaziers arctiques.
Des investissements dépendants des cours du brut
« Mais il faudra attendre que le coût du baril de pétrole repasse la barre des 100 $ pour que les investissements reprennent », estime Vincent Mégret. « Ce projet a aussi été un fantastique incubateur de nouvelles technologies métallurgiques qu'on s'est empressé de répercuter pour des applications gazières terrestres... »
S2M (Saint-Marcel); Dg : Vincent Mégret; Effectif : 209 salariés; CA 2014: 40,2 M€ (80 % à l'exportation); www.s2m.fr