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'Union européenne a annoncé l'arrêt des quotas laitiers d'ici 2015. Comment l'anticipez-vous?
Nous sommes en négociations avec nos producteurs depuis un an sur un contrat qui nous engagera à la fois sur les prix et sur les volumes. Le principe est que l'on conserverait les volumes actuels, ceux prévus par les quotas, et qu'en fonction du marché et de la demande, on se garde la possibilité d'augmenter la quantité. Il devrait donc y avoir une augmentation de la collecte. Nous allons de voir y faire face.
Qu'est-il prévu?
Un des gros projets est la construction d'une deuxième tour de séchage sur le site de Plouvien. Elle sert à produire du lait en poudre. Nous en avons déjà une, mais qui date de 1973 et avec l'ouverture des quotas, sa capacité sera insuffisante. Nous investissons 23M€ et prévoyons 50 embauches à horizon 2014. Elle va nous permettre de remplir deux objectifs: augmenter notre capacité de production et développer une nouvelle gamme de produits stérilisés pour bébés.
L'entreprise fête ses 50 ans cette année. Comment faites-vous pour rester innovant?
Historiquement, nous sommes sur des produits assez basiques, le lait, puis, depuis les années 80, le potage, les jus et les produits surgelés. Depuis cinq six ans, nous avons pris un virage pour tenter d'être plus performants et ajouter de la valeur à nos produits de base. D'abord on a travaillé sur nos marques, que ce soit Sill, Saint-Malo, Le Gall ou La Potagère. Embaucher la miss France, Laury Thillman, comme ambassadrice fait partie de cette logique. Ensuite, nous investissons des moyens humains directement dans l'innovation: le pôle recherche et développement est passé de trois à quinze personnes. Enfin sur la stratégie, nous cherchons à réduire la part de MDD (Marques distributeurs) pour pouvoir pratiquer nos propres hausses de tarifs. L'innovation c'est aussi la chaudière à bois que nous sommes en train de construire sur notre site, pour un investissement de 4,5M€, qui s'inscrit dans une démarche globale de l'entreprise vers l'énergie propre. Cela fait partie de notre image.
Le groupe vient d'être transmis à la troisième génération le 31décembre 2011. Comment se passe la transmission?
Pour l'instant mes deux fils travaillent dans l'entreprise, Gurvan à la tête de Primel (les surgelés) et Tristan sur la partie export. Les enfants d'Henri Léon, le directeur général et coactionnaire du groupe, ne sont pas encore en activité. Quand j'ai pris la tête du groupe en 1992, il y avait 40 personnes. C'est sûr que transmettre un groupe de 750 personnes sera plus compliqué...
AGROALIMENTAIRE: Le groupe Sill, basé à Plouvien, fête ses 50 ans le 29juin. Son P-dg Gilles Falc'hun a amorcé de gros investissements pour 2012. Interview.