Passé de 12 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021 à 40 millions d’euros en 2024, Siléane (200 salariés) entend accélérer sa croissance. Objectif : atteindre 150 millions d’euros sous 5 ans avec près de 350 salariés. Pour y parvenir, le concepteur et fabricant stéphanois de solutions de robotique, vision et d'intelligence artificielle pour l'industrie mise sur l’international. "On fait entre 30 et 35 % de notre chiffre d’affaires à l’international. L’objectif est d’arriver entre 50 et 60 % dans cinq ans", lance Hervé Henry, le PDG et fondateur de l’entreprise.
Un nouvel actionnaire majoritaire
Pour "être plus costaud à l’international", Siléane avait besoin de renforcer ses fonds propres. C’est désormais chose faite, à la faveur d’un LBO (leverage buy-out ou rachat avec l’effet de levier). Finalisée fin mars, l’opération permet à Siléane de lever des capitaux auprès du fonds français Motion Equity Partners, référence européenne dans le capital-investissement mid market.
Désormais majoritaire avec un peu plus de 51 % du capital de Siléane, Motion Equity Partners a repris au passage les participations minoritaires du Fonds France Nucléaire, géré par le lyonnais Siparex, de Garibaldi Participations (filiale de la Banque Populaire Aura) et de l’EIC Fund, le fonds agnostique de la Commission européenne. Ensemble, ils détenaient, depuis fin 2022, 14 % du capital de Siléane.
"Ce LBO avait aussi pour objectif de faire monter au capital mon premier cercle de managers et de sécuriser l’entreprise en vue de ma future transmission. Une première étape avant d’ouvrir plus tard le capital à l’ensemble des salariés", précise Hervé Henry, qui a fortement réinvesti pour conserver "une part significative du capital". Avec son équipe de managers, il détient un peu moins de 49 % du capital.
Une première acquisition en Europe dans les tuyaux
Désormais armé financièrement pour accélérer son internationalisation, Siléane ambitionne de finaliser "une première acquisition en Europe d’ici fin 2025, au plus tard début 2026", assure Hervé Henri, qui reste aux manettes de l’entreprise. Dans la mire, "les pays voisins que sont la Suisse, l’Allemagne, la Belgique ou encore l’Italie". Le dirigeant de Siléane n’exclut toutefois une création ex nihilo.
"En France on a fait cinq acquisitions et créé trois structures en partant de zéro : Toulouse, Rennes et Rouen. On poursuit cette logique pour notre développement à l’international, soit par croissance externe, soit par création en fonction des opportunités qui se présenteront", explique Hervé Henry.
Une implantation aux États-Unis sous deux ans
Parallèlement au développement en Europe, Siléane ambitionne de se doter d’une implantation outre-atlantique. "En ce moment c’est un peu compliqué avec les États-Unis mais on ne désespère pas de s’y implanter sous deux ans. Création ou reprise, ce n’est pas encore tranché, nous étudions plusieurs pistes", confie le dirigeant.
Moins avancé que le marché allemand ou Italien en matière de robotique industrielle, le marché américain présente néanmoins l’avantage d’être immense. "L’industrie aux États-Unis ce n’est pas l’industrie en Europe. C’est avant tout un pays tertiaire avec une vieille industrie. En revanche, c’est un marché à 360 millions de personnes ou tout va beaucoup plus vite", estime Hervé Henry.