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Sigmaphi investit 11 millions d’euros pour abriter sa croissance
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Sigmaphi investit 11 millions d’euros pour abriter sa croissance

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Sigmaphi, le fabricant d’électroaimants pour accélérateurs de particules, construit une nouvelle usine, à Saint-Avé, près de Vannes. L’investissement est de 11 millions d’euros pour la PME. Tournée à 90 % à l’export, elle entend passer un nouveau cap de développement. Pour cela, elle parie notamment sur la fusion nucléaire.

Sébastien Longelin, PDG de Sigmaphi, porte le projet de la nouvelle usine qui va permettre de disposer de capacités de production plus importantes — Photo : Ségolène Mahias

Un outil à la hauteur de ses ambitions et de ses perspectives de croissance. C’est ainsi que Sigmaphi, le fabricant d’électroaimants pour accélérateur de particules, voit la nouvelle usine qu’elle va faire construire à Saint-Avé.

Créée en 1981 à Paris et présente depuis 1994 à Vannes, la PME de 150 salariés va se doter d’un nouveau navire amiral. "Nous investissons 11 millions d’euros dans la construction d’une nouvelle usine. Elle sera située dans l’agglomération de Vannes, sur la zone du Poteau Nord, à Saint-Avé. C’était une nécessité. Nous n’avons plus de place sur le site actuel. C’est un jeu de Tetris permanent en ayant nos activités réparties sur trois bâtiments", résume Sébastien Longelin, PDG de Sigmaphi.

Sigmaphi compte 150 salariés. Avec sa nouvelle usine, elle prévoit de 20 à 30 embauches supplémentaires — Photo : Sigmaphi

Objectif : 30 millions d’euros de chiffre d’affaires

Le bâtiment fera 7 000 m² soit 6 000 m² d'ateliers et 1 000 m² de bureaux implantés sur 17 000 m² de terrain offrant une réserve foncière. "Nous avons besoin également de capacités de levage importantes, ce sera le cas. Nous pourrons lever 50 T, ce qui est assez rare", détaille le dirigeant. La livraison du site est prévue en mai 2026.

La nouvelle usine doit permettre à l’entreprise de passer un cap. "Nous réalisons 21 millions d’euros de chiffre d’affaires ici à Vannes et notre filiale en Chine (lire par ailleurs) pèse 5 millions d’euros. Nous ambitionnons donc pour notre entité morbihannaise de passer de 21 à 25 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année. La prochaine étape avec l’usine, c’est de réaliser un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, d’ici à un horizon de trois ans. " Ce projet permettra également à Sigmaphi d’optimiser ses flux de production et d’améliorer sa productivité.

Pour mener à bien ce nouveau projet, l’entreprise prévoit de recruter. 20 à 30 nouvelles embauches sont prévues.

Des partenaires régionaux

Pour Sigmaphi, ce projet est aussi le symbole d’une entreprise remise sur de bons rails. En proie à des difficultés en 2021, elle a vu arriver au capital, Breizh Rebond, le fonds d’investissement soutenu par la Région et les banques locales. Depuis elle a retrouvé des couleurs. "Nous sommes revenus à un excédent brut d’exploitation positif. L’idée est de poursuivre ainsi en 2025", confie Sébastien Longelin.

11 millions d’euros vont être investis pour la nouvelle usine de Sigmaphi à Saint-Avé — Photo : Adent

Outre la présence de Breizh Rebond au capital, la Région et divers partenaires régionaux accompagnent l’entreprise dans cette nouvelle phase de développement.

Les travaux sont ainsi pilotés par SemBreizh, la société d’économie mixte régionale qui intervient notamment en termes de développement économique. BreizhImmo, l’outil de portage immobilier de la Région est aussi partie prenante. Réunies au sein d’une SCI, BreizhImmo (52 %) et Sigmaphi (48 %) portent l’investissement s’élevant de 11 millions d’euros. Elles mobilisent à elles deux un capital de 3,7 millions d’euros, le reste du projet étant financé par de la dette bancaire.

Les enjeux de la fusion nucléaire

Cette nouvelle infrastructure doit permettre à Sigmaphi de se positionner sur des secteurs émergents comme la fusion nucléaire. "Nous sommes un nouvel acteur sur ce marché. C’est un domaine très prometteur dans la transition énergétique. Nous fabriquons des aimants stratégiques pour la technologie du tokamak (une sphère magnétique qui permet d’exploiter l’énergie de la fusion, NDLR)." Sigmaphi collabore, pour ce dossier, avec une start-up américaine qui entend rendre cette technologie beaucoup plus compacte qu’actuellement afin de l’industrialiser d’ici à 2035. À l’avenir, la fusion nucléaire pourrait représenter jusqu’à 30 % de l’activité de Sigmaphi.

Outre le domaine de l’énergie, Sigmaphi compte trois grands domaines d’excellence dont deux majeurs. "Nos plus gros segments de clientèle renvoient à la recherche et au médical qui représentent, respectivement, 35 % du chiffre d’affaires, assure Sébastien Longelin. Nos clients sont des laboratoires, des centres de recherches ainsi que des centres de thérapies contre le cancer."

La PME s’adresse aussi à l’industrie et notamment au secteur de la défense pour 15 % de son activité. ; l’énergie pèse aussi 15 %. Au total, la société affiche un portefeuille clientèle équilibré et diversifié.

Sigmaphi compte quatre grands domaines d’activité : la recherche, le médical, l’industrie et l’énergie — Photo : Ségolène Mahias

90 % de l’activité à l’international

L’export est dans l’ADN de l’entreprise. Elle y réalise 90 % de son activité. L’Europe est aux avant-postes avec une montée en puissance des États-Unis "vraiment significative." Cette croissance Outre-Atlantique associée au contexte de hausse des droits de douane incite l’entreprise à préciser sa feuille de route. " C’est un marché dynamique et qui progresse sur tous les cœurs de métier que nous avons. Dans le futur, nous avons prévu d’avoir une présence commerciale voire d’avoir un atelier d’assemblage là-bas, pourquoi pas, dans un second temps. Là, peut-être qu’avec le contexte, nous pensons plus vite à une implantation commerciale ", livre le dirigeant.

46 % d’achats locaux

Internationale, Sigmaphi n’oublie pas pour autant son impact local. La PME vient d’établir son indice d’achats locaux. Il met en évidence que 7,8 millions des achats, qu’elle réalise, se situent dans un rayon de 200 kilomètres autour de Vannes. Le tout sur un total d’achats de 16,8 millions d’euros. Un chiffre et une orientation qui ne doivent rien au hasard. "À chaque fois que nous achetons quelque chose, nous nous posons la question de l’achat de proximité. Cela touche à l’usinage, la logistique, l’ingénierie…"

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