Sigmaphi Electronics : Trois ans après la reprise, l'activité décolle
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Sigmaphi Electronics : Trois ans après la reprise, l'activité décolle

Sigmaphi Electronics Filiale du groupe breton Sigmaphi née du rachat il y a trois ans des activités électroniques de Bruker, à Wissembourg, Sigmaphi Electronics affiche des résultats intéressants et des objectifs ambitieux. Elle vise les 10 millions d'euros de chiffre d'affaires à trois ans.

— Photo : Sigmaphi

Trois ans après sa création, Sigmaphi Electronics, née du rachat des activités du département électronique de Bruker Biospin, à Wissembourg, par le groupe breton Sigmaphi (CA 2015 : 30 millions d'euros ; 200 personnes), affiche des résultats encourageants. Sigmaphi est un groupe breton qui conçoit et fabrique des systèmes clé en main pour les accélérateurs de particules. Son usine de Vannes est plus particulièrement axée sur la production d'aimants supraconducteurs, tandis que son site alsacien est, lui, dédié aux systèmes d'alimentation électriques ou de radiofréquence équipant ces installations. Ce dernier est aujourd'hui installé à Haguenau, dans un site - un ancien garage de 8.000 m² - que l'entreprise a aménagé début 2014 en y investissant 800.000€.

Les 10 millions d'euros visés à trois ans

Désormais dirigée depuis le début d'année par Bruno Vilain, ex P-DG d'une entreprise de 170 personnes à Tours la filiale, qui emploie 40 personnes, vise un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros d'ici à trois ans. Il était pour 2015 de 6 M€, et de 2 millions d'euros l'année de sa création. Pour parvenir à cet objectif, la société entend renforcer encore sa clientèle historique, tout en explorant de nouvelles niches. Ses clients sont actuellement les centres de recherche (60 % du chiffre d'affaires d'Haguenau), tels que le CERN-LHC en Suisse, l'ESRF à Grenoble ou encore le synchrotron Soleil, à Saint-Aubin (Essonne). Mais aussi le médical, pour les dispositifs de traitement des cellules cancéreuses par l'hadrontherapie, avec des clients tels que Varian Medical System ou IBA. « Il s'agit à chaque fois de projets qui se chiffrent à plusieurs millions d'euros, souligne, Bruno Vilain. Nous répondons par exemple actuellement à des appels d'offres pour des marchés supérieurs à 2 millions d'euros ». Le dirigeant garde aussi un oeil sur de nouveaux débouchés. « D'autres applications sont en train de se développer, pour analyser le contenu de camions par exemple, ou dans le traitement des eaux, ou encore dans l'industrie... ». L'entreprise est aussi proactive dans le développement de nouveaux systèmes pour le compte de ses clients. « Ils sont physiciens, techniciens, ils attendent de nous qu'on soit source de proposition afin d'apporter des solutions techniques à leurs problématiques », souligne Bruno Vilain. Sigmaphi dispose d'un bureau d'études de 80 personnes.

95 % du CA à l'export

Ces leviers offrent de belles perspectives à la filiale, qui a connu des débuts un peu difficiles. « Les compétences étaient déjà là, les connexions commerciales aussi, mais elles étaient sous exploitées. 2014 a été une année difficile car l'activité radiofréquence n'a pas décollé ». Ces mauvais résultats ont nécessité de revoir l'organisation, notamment commerciale qui a payé. « Nous avons amélioré nos marges et renoué avec la croissance. Nous visons 7 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année et nous avons déjà 6,3 millions d'euros de commandes facturées ce qui rend cet objectif très réalisable », estime le directeur. Le groupe Sigmaphi réalise 95 % de son chiffre d'affaires global à l'export. Les perspectives de développement sont particulièrement fortes en Chine, où le gouvernement porte un programme prévoyant la création d'une vingtaine d'accélérateurs à court terme. Sigmaphi dispose déjà d'une usine sur place créée en 2008 (18 personnes ; CA de 2 M€). L'entreprise, qui dispose également d'un bureau commercial au Japon, souhaite aujourd'hui s'implanter aux USA, pour développer le marché américain.

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