Le Morbihannais Sigmaphi (200 salariés et 32 millions d'euros de chiffre d'affaires) engrange les contrats. Basé à Vannes, le fabricant d'aimants pour accélérateurs de particules vient de décrocher deux contrats majeurs. Le premier au sein de son usine bretonne. « Nous allons fournir un aimant supraconducteur de 27 T pour le laboratoire Jefferson Lab, situé en Virginie aux États-Unis. Cette commande a nécessité cinq ans de travail dont trois ans d'études. Les recherches menées pour concevoir ces aimants sont une réelle source de progrès pour l'entreprise » commente Jean-Luc Lancelot, P-dg de Sigmaphi. Le montant total de cette commande dépasse les 5 M?.
Un levier pour l'export
Concrètement, ces éléments se révèlent hautement technologiques. Disposant d'un champ puissant, ils vont permettre au laboratoire américain « de détecter de très petites particules lors de leurs expériences, et ainsi de mieux comprendre la constitution de la matière ». Pour Sigmaphi, ce contrat est une nouvelle étape de son essor à l'international où le groupe réalise 95 % de ses ventes. « La maîtrise de la technologie développée pour ces aimants nous ouvre de nouveaux marchés notamment russes et allemands » dévoile le dirigeant. Dans le groupe Sigmaphi, le siège vannetais n'est pas le seul à se développer. Présent en Alsace à Haguenau, Sigmaphi Electronics est dédiée aux systèmes d'alimentation électriques ou de radiofréquence équipant les installations conçues à Vannes. Dirigée par Bruno Vilain, cette filiale vient de décrocher le plus gros contrat de son histoire en Chine, auprès d'une université de Pékin, souhaitant se doter d'un nouvel accélérateur de particules.
Contrat historique en Chine
Sigmaphi a remporté l'appel d'offre portant sur l'alimentation électrique et l'aimant de l'accélérateur, face à deux entreprises chinoises. « Un contrat supérieur au million d'euros », glisse le directeur du site d'Haguenau. « Seul notre prototype, envoyé en début d'année, a passé leur test du premier coup », se félicite Bruno Vilain. La livraison de cette commande est prévue pour 2017. « Elle comprend une partie standard et une autre impliquant un développement R&D spécifique, qui va mobiliser une équipe projet chez nous, dont un ingénieur à temps plein et nécessiter un investissement de quelque 30.000? dans une chambre thermique, pour réaliser les tests à +/- 1ºC », explique-t-il. Son client est l'une des universités les plus prestigieuses de Chine, « l'équivalent de Polytechnique en France, indique Bruno Vilain. C'est une référence qui nous ouvre de belles perspectives au sein des autres universités chinoises, qui gèrent les accélérateurs de particules pour le médical comme la recherche en général. Rien qu'en proton-thérapie, plus de 50 accélérateurs sont en prévision en Chine, et nous avons déjà reçu cette année sur notre site plusieurs prospects à ce sujet », se félicite le directeur de l'usine d'Haguenau.
Électronique À Vannes (56) et à Haguenau , Sigmaphi, le fabricant d'aimants pour accélérateur de particules, vient de décrocher deux contrats majeurs dans l'histoire du groupe. Le site alsacien signe ainsi un contrat à un million d'euros avec une prestigieuse université chinoise.