Sica : Diversifier pour déjouer la concurrence et la météo
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Sica : Diversifier pour déjouer la concurrence et la météo

L'enjeu Depuis dix ans, la coopérative légumière Sica a choisi la différenciation : mini-légumes, tomates cocktails, vieux légumes, etc. Elle compte 70.000 références.

Chaque année, les dirigeants de la coopérative légumière du Nord-Finistère, la Sica de Saint-Pol démarrent leur bilan par un point météo de l'année. Pour les producteurs, le chiffre d'affaires dépend en grande partie de cet aléa. « L'hiver froid de 2012-2013 a permis de favoriser les légumes d'hiver. On a pu faire du volume grâce à l'été sec et à l'automne doux », explique ainsi Jean-François Jacob, ancien secrétaire général devenu président le 19 mars. Un retard dans les cultures peut être bénéfique ou calamiteux selon le produit. En 2013, le chou-fleur a pu maintenir un prix moyen élevé grâce au printemps frais. Résultat : 44,18 M€ de chiffre d'affaires et 30 % de progression. Au contraire, le brocoli a connu une baisse de 30 % (2,35 M€ de CA) en partie due à la concurrence espagnole. « On se retrouve sur ces produits en confrontation directe avec d'autres bassins de production européens qui n'ont pas les mêmes charges que nous », remarque Jean-François Jacob. Pour éviter une guerre des prix, la Sica de Saint-Pol a depuis plus de dix ans adopté une stratégie de diversification. Aujourd'hui, elle produit 70.000 références. « Si on ne s'adapte pas on meurt », résume Jean-François Jacob.




Gamme la plus élargie d'Europe

Pris individuellement, chaque produit ne pèse pas par énormément. Mais la diversification pèse désormais 30 % du chiffre d'affaires du groupement et progresse d'année en année. +24 % sur les légumes anciens (0,26 M€ de CA), +10 % sur les mini-légumes (1,7 M€) ou encore +35 % sur les courges (0.25 M€). « Globalement, on devient des professionnels de l'épicerie, plaisante Jean-François Jacob. On a la gamme la plus élargie d'Europe. » Chou Romanesco, choux-fleurs orange et violet, artichaut cardinal, champignons Shii-také, rhubarbe, poivron ramiro... Autant d'exemples de cette différenciation. Les tomates aussi bénéficient de cette stratégie : Les shakers, tomates-cerises, cocktails, coeurs de boeuf, etc. dépassent en tonnage le vrac (7.643 tonnes contre 6.520 tonnes) et grappille sur la grappe en chiffre d'affaires : 11,16 M€ contre 12,91 M€, malgré une baisse conjoncturelle.




Problèmes logistiques

Chaque année, la Sica lance de nouveaux produits et de nouveaux emballages. En 2014, c'est une gamme de légumes en botte qui va naître. Les produits connaissent plus ou moins de réussite. Les démarrages sont parfois difficiles, certains sont abandonnés, comme la rhubarbe verte « par manque de débouché commercial ». Seule la rouge est conservée. « Autant de références et de combinaisons, ce n'est pas simple à gérer au niveau logistique », précise Jean-François Jacob. D'où des investissements, pour l'instant encore bloqués administrativement (lire page 2) dans les stations, pour les regrouper, les moderniser avec notamment des puces RFID pour la traçabilité.

Sica de Saint-Pol



(Saint-Pol-de Léon) Président :Jean-François Jacob 115 salariés (hors stations) 232 millions d'euros de chiffre d'affaires 02 98 69 07 10

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