Si j'étais président.. : Les mesures clés de quatre dirigeants provençaux et varois
# Politique économique

Si j'étais président.. : Les mesures clés de quatre dirigeants provençaux et varois

Pierre Grand-Dufay de Tertium, Corinne Versini de Genes'Ink, Olivier Carvin de Maranatha et Philippe Robert de Smac ont accepté de s'imaginer quelques instants dans le fauteuil de Président de la République et de livrer les mesures phare de leur programme en faveur de l'économie et des entreprises.

Réconcilier le peuple et la politique

Olivier Carvin est le P-dg du groupe hôtelier marseillais Maranatha . Il emploie 90 salariés pour un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros.

Embauche des jeunes : « Toute entreprise qui embauche un jeune au chômage devrait être totalement exonérée de charges patronales et salariales, à condition que le recrutement se fasse en CDI. Le coût de cette mesure pourrait être compensé par la baisse du chômage. Trop d’entreprises sont limitées par le coût du travail. La formule pourrait être dégressive sur deux années, le temps nécessaire pour former et rendre opérationnel le salarié ».

Le coût du licenciement : « Il est nécessaire de pouvoir connaître à l’avance le coût d’un licenciement en fonction de l’ancienneté d’un collaborateur. De nos jours 80 % des salariés vont aux Prud’hommes et c’est là que tout se décide. Cette incertitude est un réel frein à l’embauche ».

Réconcilier la politique et le peuple : « Au niveau des différentes assemblées, à tous les niveaux, la moitié des députés devrait être tirée au sort à partir de volontaires de la société civile, pour une durée d’un an. La société civile apporterait son bon sens aux décisions. Il faudrait, bien sûr, mettre en place une indemnité pour ces personnes qui seraient détachées une journée par semaine ».

Mettre en place un impôt juste

Corinne Versini est la dirigeante de la société Genes'Ink, basée à Rousset et qui emploie 18 personnes.

Favoriser l’investissement dans les PME : « Il faut déclencher un investissement massif dans les PME, en faisant venir des investisseurs étrangers. Quand l’entreprise a besoin de cash, il n’y a rien. Il faut imaginer des systèmes de défiscalisation pour favoriser l’investissement et ne pas être timide. Les 50.000 euros pour l’ISF, c’est risible… »

Simplification administrative pour tous : « On nous demande de collecter l’impôt à la source. Mais arrêtons les niches. Mettons en place un impôt juste, moins important, mais payé par tous. À ce titre, la TVA est l’impôt le plus égalitaire. Faire un bulletin de salaire est trop compliqué. Il ne faut pas un simple choc de simplification, mais un véritable tsunami ».

Réduction des charges : « En tant que Jeune entreprise innovante, nous bénéficions de 80 % d’allégement des charges patronales. En 2018, je vais perdre cet avantage et je ne suis pas encore sur le marché. Il faut arrêter de ne taxer que le travail. Pourquoi ne pas taxer les transactions sur internet ? »

Lutter contre la déshumanisation

Pierre Grand-Dufay est le dirigeant du fonds marseillais Tertium.

Baisser le coût du travail : « Si l’on baisse considérablement le coût du travail cela va augmenter notre compétitivité, créer des emplois peu qualifiés et empêcher la " déshumanisation " de la société. 8 % des tâches sont aujourd’hui automatisées. Avec l’industrie 4.0, ce taux passera à 25 % entraînant une baisse de 15 % des effectifs. Or, le problème du chômage est celui des personnes non qualifiées, 80 % des demandeurs d’emplois n’ont pas le bac, 40 % n’ont aucun diplôme ».

Assurer la promotion de l’apprentissage : « Il est urgent d’assurer la promotion de l’apprentissage auprès des jeunes en risque de décrochage. En 2015, ce sont plus de 1,8 million de jeunes âgés de 15 à 29 ans sortis du système éducatif, chômeurs ou inactifs, pour un coût d’environ 20 milliards d'euros. Promouvoir l’apprentissage auprès des jeunes à risque est une des clefs de la réussite ».

Flécher l’épargne des Français vers l’entreprise : « Cela permettrait de générer rapidement une hausse du PIB national en augmentant le seuil des déductions fiscales pour les investissements dans les PME ».

Sortir du carcan du CDI

Philippe Robert est le directeur général de Smac, basée à La Garde. L'entreprise compte plus de 40 salariés pour 6,7 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Libérer le travail : « Il faut libérer le travail, c’est-à-dire rendre les choses plus faciles, que ce soit du côté des employeurs, comme des salariés. Laisser la possibilité à ceux qui veulent travailler plus de le faire et ceux qui veulent travailler moins, de travailler moins. Il faut sortir du carcan du CDI, impossible à défaire. Les patrons n’ont pas plaisir à licencier. Davantage de flexibilité permettrait de stimuler les travailleurs et de faciliter les embauches. »

En finir avec le carcan des lois et règlements : « Les lois se sont multipliées, empilées comme un mille-feuille. La France a un sérieux travers : tout est réglementé. Il faut simplifier le monde du travail. Le Code du travail suisse fait 50 pages, contre 2.000 pages pour le Code du travail français. Pourtant, les travailleurs suisses ne semblent pas plus malheureux. Il faut aller dans le sens d’une simplification administrative dans sa globalité. »

Développer une meilleure connaissance de l’entreprise : « L’entreprise est perçue et présentée dans les médias et, peut-être aussi dans les écoles, comme une entreprise d’aliénation personnelle, de désintégration, comme quelque chose qui va à l’encontre de toute stimulation personnelle. L’entreprise fait peur alors que les salariés sont souvent contents de leurs boîtes. Quelques mesures, comme la multiplication des stages, le développement de l’apprentissage pourraient permettre de redorer l’image de l’entreprise. »

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