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Sermès et Willy Leissner investissent 35 millions dans leurs nouveaux locaux
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Sermès et Willy Leissner investissent 35 millions dans leurs nouveaux locaux

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Sermès et Willy Leissner viennent d’inaugurer leur nouveau siège adossé à un centre logistique de 20 000 m2 à Dachstein, dans le Bas-Rhin. Elles y ont investi 35 millions d’euros.

Pierre Schmittheisler, président de Sermès et Willy Leissner, et Jean Meyer, DG — Photo : Pascale Schaeffer

La décision, pour les entreprises Sermès - concepteur de solutions électriques pour le BTP et l’industrie- et Willy Leissner - spécialisée dans la distribution de matériel électrique-, de quitter le site de la Meinau, à Strasbourg, a été actée en 2018. "Nous étions au maximum de nos capacités, avec un stock réparti sur quatre niveaux", explique Pierre Schmittheisler, le président de ces deux entreprises familiales. "Nous perdions du temps et de l’énergie dans des manipulations inutiles. Aujourd’hui, il faut stocker de plain-pied", poursuit le dirigeant. L’accessibilité de la commune de Dachstein, porte d’entrée vers le Grand Contournement Ouest de Strasbourg l’a emporté. L’entreprise s’y plaît tellement qu’elle souhaiterait d’ailleurs y déménager sa câblerie du Port du Rhin, à Strasbourg, et y développer son activité de raccordements sur-mesure.

Un siège flambant neuf, une logistique déployée sur 20 000 m2

Les 200 collaborateurs du siège, répartis sur 6 000 m2, bénéficient notamment d’un restaurant d’entreprise aménagé par un architecte d’intérieur, d’une salle de sport, d’espaces de repos, et d’un vaste parking équipé d’une vingtaine de bornes électriques.

Le nouveau site Sermès de Dachstein — Photo : DR

Les deux entités, Sermès (fondée en 1949, CA 2023 : 210 M€ ; 280 collaborateurs), et Willy Leissner (créée en 1919, CA 2023 : 110 M€ ; 180 collaborateurs répartis sur dix agences), ont également mis des moyens en commun pour optimiser leur logistique à travers un GIE, CLD Dachstein.

L’entrepôt qui se déploie sur 20 000 m2 (couvert de panneaux photovoltaïques d’une capacité de 500 KW crête) avec wagon semi automatisé et 15 quais de chargement, regroupe la logistique des activités éclairage et appareillages électriques pour Sermès, et rassemblera avant la fin de l’année le stock central de Willy Leissner. Un atelier de fabrication d’équipements électriques de 2 300 m2 est également adossé au site. Ces sites doivent permettre d’accompagner la croissance de l’entreprise et de réduire les délais de livraison.

400 000 colis traités par an

Alors que les acteurs de l’e-commerce investissent le secteur du B2B, Sermès et Willy Leissner veulent pouvoir offrir à leurs clients professionnels la même qualité de service qu’une plateforme B2C.

Un système de gestion automatisée du stockage et de la préparation des commandes devrait permettre, une fois l’ensemble des transferts d’activité réalisé, de traiter en quelques heures les commandes qui nécessitent aujourd’hui une journée entière de travail. Un système de drive sera aussi mis en place, pour permettre aux professionnels de retirer leur commande à leur convenance. Les deux entreprises traitent actuellement quelque 400 000 colis par an, mais le nouveau centre logistique pourra absorber une cadence bien plus élevée, voire proposer ses services logistiques à des tiers.

Un chiffre d’affaires en retrait de 10 % en 2024

La crise du BTP impactera en 2024 les chiffres à hauteur de 10 % selon Pierre Schmittheisler qui relativise. "Le marché de l’électricité est porteur. Et en tant qu’entreprise familiale, nous avons une vision à long terme", abonde-t-il. Depuis 2019, le chiffre d’affaires de Sermès (réparti sur les quatre activités : la câblerie, la motorisation, l’éclairage, l’appareillage et systèmes) a progressé de 140 millions à 210 millions d’euros, une dynamique due pour moitié à l’inflation et pour moitié à la performance de l’entreprise selon Jean Meyer, le directeur général.

"Au-delà de la hausse des cours du cuivre dont nous sommes très dépendants, le marché s’est développé, les besoins en électrification se sont intensifiés. Le câble a fortement progressé jusqu’à la crise (de la construction), et nous avons lancé une nouvelle gamme de moteurs électriques. Le photovoltaïque, l’éolien et les bornes de recharges qui totalisent aujourd’hui 10 % de notre chiffre d’affaires sont des marchés en croissance", poursuit Jean Meyer.

L’irrigation, un nouveau marché

Sermès veut désormais s’imposer comme un développeur de solutions "personnalisées" afin d’accroître sa présence sur l’ensemble de ses marchés. Dans une optique de diversification, l’entreprise s’est ainsi saisie de la problématique de l’irrigation depuis deux ou trois ans, ses clients sont localisés essentiellement dans le Sud de la France. Elle cherche à proposer des solutions complètes d’optimisation de la ressource en eau, incluant moteurs, variations de vitesse, pompes, application soft de gestion.

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