Même si c'est avant tout la recherche de la performance qui le motive, Serge Genet s'accommode plutôt bien des récompenses. En évidence dans ses bureaux figure le trophée régional Stars et métiers qu'il a obtenu pour la qualité de sa gestion des ressources humaines. Plus qu'une simple distinction, un véritable symbole pour Effet d'O, l'entreprise qu'il a dessinée à son image: à la fois proche et respectueuse des gens.
Une ascension par étapes
Après un CAP BEP de plombier chauffagiste obtenu en 1980, Serge Genet s'est forgé une stature de chef d'entreprise au fil d'une ascension professionnelle digne d'un cahier d'école. «J'ai gravi un à un tous les échelons du métier: apprenti, ouvrier qualifié, chef de chantier, chef d'équipe, conducteur de travaux, puis chargé d'affaires», confie cet autodidacte affirmé de 42 ans. La richesse de son expérience de terrain lui permet d'entrer en 1999 au service du groupe Logista, pour lequel il prend les commandes de la société Arthur Clément à Arras. Serge Genet reste pendant 6 ans à la tête de cette PME de 48 salariés. Parallèlement à ses responsabilités, il en profite pour suivre une formation de management.
Le marché de l'environnement
Conscient des atouts qu'il a en main, Serge Genet négocie son départ pour enfin voler de ses propres ailes. Il installe son entreprise dans la ville de son enfance, à Souchez. Après l'avoir spécialisée dans les travaux de plomberie, de chauffage et de climatisation, il l'engage résolument dans une démarche soucieuse d'environnement. «Le nom Effet d'O, cela désigne à la fois un appareil sanitaire mais c'est également une référence implicite à l'effet de serre ainsi qu'à l'oxygène.» De fait, la société de Serge Genet acquiert une certaine renommée en proposant rapidement dans son catalogue des solutions axées sur le développement durable, comme les panneaux photovoltaïques, de la géothermie, ou plus original, des chaudières à céréales. Il finit par intervenir auprès d'acteurs prestigieux (conseil général, hôpitaux de Lens et d'Arras, etc.), avant de prendre part au projet Villavenir de maisons basse consommation à Loos-en-Gohelle.
L'humain au centre de tout
Affichant un CA qui est passé de 865K€ à 1,8M€ en trois ans d'exploitation, Effet d'O a considérablement renforcé ses effectifs. «L'équipe qui m'entoure est passée de 5 à 13 salariés, sans oublier les 2 apprentis, et puis l'intérim», explique Serge Genet qui à ce jeu s'efforce de rester loyal. «Lorsque je m'adresse à une agence, j'essaie de faire en sorte que la collaboration se prolonge en CDI.» Les paramètres humains définissent en profondeur l'esprit qui est l'oeuvre au sein d'Effet d'O. Outre les différentes primes, la formation continue pour les métiers de frigoriste, de monteur en échafaudage, ou encore pour les notions de secourisme, les collaborateurs de Serge Genet ont la possibilité de participer à un Plan épargne entreprise.
Un certain détachement
«Je tiens à ce que les personnes qui travaillent pour moi soient à l'aise pour qu'elles soient davantage performantes. C'est la raison pour laquelle je me soucie d'elles», explique le patron. En incitant son personnel à s'impliquer davantage dans la société qu'il a lui-même créée, Serge Genet ne dissimule pas son besoin de s'engager sur d'autres terrains et pour d'autres causes. «J'ai décidé de m'adjoindre les services d'un associé et de l'intéresser à hauteur de 20% dans le capital d'Effet d'O», confie Serge Genet. «Cela me laisse du temps pour ma famille et moi-même, mais aussi pour des causes qui me tiennent à coeur comme celle de l'association Artisans de notre Avenir dans laquelle je milite de plus en plus activement».
Distingué pour sa gestion des ressources humaines lors du dernier salon Créer, Serge Genet cultive une image d'entrepreneur «à l'ancienne», qui soigne ses salariés un peu comme des enfants. Basée à Souchez, sa société de plomberie n'en souffre nullement, bien au contraire.